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Les taux sèment le doute
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le FOMC (Federal Ope, Market Committee), l’organe de la Réserve Fédérale Américaine (Fed) chargé notamment du contrôle des opérations d’achat et de vente des titres d’État aux États-Unis, doit se réunir la semaine prochaine pour décider de l’orientation à donner pour les prochains mois. Cela va du niveau des taux d’intérêt aux volumes de rachats éventuels d’actifs sur les marchés. C’est en quelque sorte le grand patron des marchés financiers car ses décisions sont très souvent décisives dans l’orientation des marchés à moyen et long terme. Actuellement, ses membres sont majoritairement pour un status-quo, c’est-à-dire le maintien d’une politique de taux très bas, en raison notamment en son sein d’une forte représentation démocrate. Il faut savoir que les tenants d’une « normalisation » des taux, soit une hausse d’environ 2 à 2,50 % lissée sur un à deux ans commencent à faire entendre leurs voix. Les Républicains y sont favorables dans leur majorité. Or, les élections s’approchent et les membres renouvelables du FOMC sont nommés par le Président élu. Les marchés commencent déjà à anticiper une prochaine hausse des taux et s’inquiètent de ses conséquences sur les marchés obligataires mondiaux actuellement extrêmement tendus alors que les taux sont en dessous de zéro en Suisse et en Allemagne par exemple. On en a eu un aperçu au cours des deux dernières semaines sur l’OAT 10 ans en France dont le rendement est passé brutalement de 0,10 % à 0,37 %.
Dans l’absolu, ce n’est peut-être pas grand chose, mais en valeurs relatives, les taux ont presque quadruplé en quelques séances. Sur certains produits dérivés tels que les CDS ou les options à terme sur obligations, les pertes potentielles peuvent être considérables pour les opérateurs habitués à travailler avec de grands levier alors que les taux sont restés calmes et très bas très longtemps. Même pour les États comme la France, la valeur de la dette totale sur les marchés grossit subitement de plusieurs dizaines de milliards d’euros ! Si cette tendance se prolongeait, la notation de la dette de la France pourrait être à nouveau dégradée, ce qui provoquerait instantanément une nouvelle hausse des taux sur l’OAT et entraînerait une dangereuse spirale haussière. Or, les taux et les actions suivent souvent un chemin inverse et ce qui favorisait jusque-là la hausse des indices boursiers les défavoriserait du jour au lendemain ! La brusque faiblesse actuelle des marchés actions et le regain de nervosité des opérateurs s’explique largement par ces éléments. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 revient au niveau de sa MM200 et de la ligne de support de son nouveau canal haussier pour en tester la solidité. Située actuellement autour de 4.370 points, en cas de cassure de cette dernière, un signal de poursuite de la baisse serait déclenché avec un objectif technique évalué actuellement vers 4.300 points où se trouve le prochain soutien significatif. A la hausse, en cas de rebond, le premier objectif est à 4.500 points, le suivant à 4.600 points où un second test de débordement devrait intervenir dans ce cas.
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