Le poids des régimes : Maigrissez de façon durable en disant NON aux régimes !
LITTÉRATURE
Faire un régime, c’est un excellent moyen pour… grossir ! C’est ce que nous explique Sophie Deram dans son dernier livre. Tous les Brésiliens connaissent Sophie Deram qui intervient souvent sur les chaînes brésiliennes sur les questions de nutrition. Sophie Deram habite à São Paulo, elle est coach en nutrition, diététicienne-nutritionniste et chercheuse en neurosciences spécialisée dans le comportement alimentaire. Depuis plus de vingt ans, elle travaille sur les problèmes de poids et les troubles du comportement alimentaire en aidant ses patients et ceux qui la suivent à faire la paix avec la nourriture et avec leur corps. Son dernier livre bouscule de nombreuses idées reçues : « Je ne relaie que la science et cela fait déjà plus de quinze ans que le groupe de recherche sur l’obésité évoque l’effet délétère des régimes. On sait que 95% des gens qui font un régime vont maigrir, parce que cela marche toujours au début, notamment les régimes très restrictifs. Mais on stresse son organisme et on observe ensuite qu’il y a une adaptation au niveau du cerveau qui fait que votre corps se met en résistance contre cette perte de poids et fait tout pour regagner du poids. C’est pour cette raison que 95% des gens reprennent du poids ! Ce n’est pas un échec de reprendre du poids, c’est normal. On vous fait croire qu’un régime est quelque chose qui fonctionne avec la discipline et la volonté, on vous vend cela comme un style de vie, mais ce n’est pas durable. Les gens ratent leur régime et se remettent à manger avec beaucoup plus d’appétit, car, quand vous avez fait un régime, votre appétit augmente, puisque cela fait partie des adaptations du cerveau. Vous avez davantage faim et vous entrez dans un cercle vicieux où, inconsciemment, vous arrivez à manger tout ce qui traîne. Finalement, vous devenez un mangeur émotionnel, vous confondez le sentiment de faim avec la tristesse, ou la faim avec l’ennui. Finalement, l’aliment devient une récompense face à toutes les émotions et toutes les sensations. »
Il y a un autre mythe dénoncé par Sophie Deram, celui consistant à traquer le gras : « Je m’attaque à cela en exposant les dernières recherches scientifiques dans le domaine de la nutrition. Ce n’est pas le gras qui fait nécessairement grossir. L’hormone qui fait le plus grossir, c’est l’insuline et c’est pour cette raison que les régimes sans glucides ont tellement de succès, puisque l’on maigrit très vite. Mais les glucides, c’est aussi notre fuel ! C’est notre énergie ! Si vous retirez le gras à l’être humain, il va manger automatiquement plus de glucides. J’ai étudié tous les produits light que l’on trouve dans le commerce : sachez que l’on a retiré le gras mais, à la place, on a mis du sucre, de la farine ou de l’amidon modifié pour donner du goût. Si vous retirez le gras à un aliment, vous lui retirez tout son goût et tout son moelleux, et c’est invendable. Alors, pour vendre, on trompe le cerveau et on rajoute ce qui fait plaisir. Il y a une erreur de raisonnement à penser que nous dépendons des calories que nous mangeons. C’est une erreur parce qu’une calorie ne veut rien dire. Notre corps ne fonctionne pas avec des calories, mais avec des aliments. Si vous comptez 150 calories dans un soda ou dans une assiette de crudités, vous allez avoir 150 calories des deux côtés, mais le message ne sera pas le même dans votre corps. » Autre idée reçue : pour perdre du poids, il faut manger moins et faire du sport… Pour Sophie Deram, «on a réduit la nutrition à des calories et à la restriction. Une étude très intéressante a montré que lorsque l’on mange avec plaisir, on mange moins, alors que lorsque l’on mange avec de la culpabilité, on mange plus. À São Paulo, c’est exactement ce que je fais, c’est un travail de rééducation. Je dis qu’il ne faut pas avoir de complexes avec la pizza ou le chocolat, par exemple… Évidemment, si c’est une pizza aux quatre fromages qui dégouline de gras, vous mangerez trop de gras, mais ce n’est pas la pizza en elle-même qui est un mauvais aliment. Je défends aussi l’idée des aliments mauvais. J’étudie depuis plus de trente ans la nutrition et je défends le fait qu’il n’y a pas d’aliments mauvais. »
Finalement, elle prône un retour à la tradition : « J’ai eu besoin d’avoir un doctorat pour que l’on m’écoute dire qu’il fallait manger comme nos grands-parents ! La nutrition, c’est très complexe, mais bien manger n’est pas difficile. Ce n’est pas une question de force, de volonté ou de discipline, c’est une question de s’autoriser le plaisir, mais de manière régulière, en évitant d’utiliser les aliments comme une récompense émotionnelle. Faire des régimes, cela renforce cela… Un chercheur a fait une étude auprès de jumeaux identiques, qui ont donc la même génétique. Or, le jumeau qui a fait des régimes est plus gros que l’autre. Ce chercheur en est arrivé à la conclusion que faire des régimes fait grossir. C’est sans doute l’un des facteurs de l’épidémie d’obésité que l’on observe aujourd’hui : on demande à l’obèse d’arrêter de manger et de faire du sport, or ce sont deux actions qui augmentent l’appétit ! Donc, on le met dans une situation d’échec. Il est clair qu’il faut être actif, mais il ne faut pas croire que l’on sera mince en faisant davantage de sport. Au final, tout est dans la modération. »
Enfin, elle consacre un chapitre à la perception de la perte de poids par notre cerveau, en expliquant que notre inconscient ne l’interprète pas de la même façon : «Pour vous, une perte de poids rapide, c’est quelque chose de génial, tout le monde va vous faire des éloges... Mais vous mettez votre corps dans un stress énorme, parce qu’il se sent menacé. Il ne faut pas oublier qu’une partie de notre cerveau a été formatée dans les cavernes et que ceux qui survivaient étaient ceux qui avaient de la réserve, donc du gras. C’est vrai que l’on a une prédisposition génétique à gagner plus de poids, car il y a plus de cinq cents facteurs génétiques qui nous prédisposent à l’obésité. Ce qu’il faut, c’est éviter de les déclencher. Vous pouvez avoir la plus grande prédisposition à l’obésité et ne jamais être obèse, si vous avez un style de vie sain et un rapport tranquille avec l’alimentation. Cette idée de la génétique qui fait de vous un obèse parce que vos parents sont obèses, il faut la revoir, car nous avons énormément de pouvoir sur notre style de vie. » C’est un livre passionnant qui va à l’encontre de nombreuses idées reçues et il était donc intéressant de le recenser cette semaine dans cette rubrique consacrée à l’actualité littéraire.
« Le poids des régimes : Maigrissez de façon durable en disant NON aux régimes ! » de Sophie Deram est en vente sur Amazon ou via le site sophiederam.com.
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