Pourquoi se contenter de 0,75% l’an quand on peut toucher 6% à 8%?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 15 juillet 2016 (numéro 852) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Les obligations ne rapportent plus rien, voilà notre sélection d’actions à revenu sécurisé pour compléter vos revenus. Les obligations d’Etat à dix ans émises par la France, alors que l’inflation est comprise entre 0,1 et 0,2 % en rythme annuel actuellement, rapportent ponctuellement, sur le marché secondaire, entre 0,1 et 0,2 %. Les obligations allemandes, pour leur part, coûtent un intérêt négatif de 0,2 % environ… C’est bien sûr totalement excessif ! Le risque obligataire n’est pas nul, et lorsqu’il y aura remontée des taux, ces obligations qui ne rapportent rien vont baisser, entraînant une perte significative en capital. Il faut savoir que les assurance-vie « en euros », sont obligées, dans la limite de leurs possibilités légales, de souscrire à des obligations émises par le secteur privé, ou le parapublic (EDF, SNCF…), pour obtenir une rémunération très légèrement supérieure, qui est rarement au-delà de 2,5 % d’intérêts annuels, pour des entreprises ayant une dotation modeste. 

Votre assurance-vie ne rapporte plus... qu’à votre assureur.

Du coup, il peut être tout à fait intéressant et intelligent, pour des personnes qui ont des grosses sommes sur des contrats d’assurance-vie, de profiter des faibles cours actuels « post-Brexit », de beaucoup d’actions à gros rendement, pour demander à leur assureur une récupération au moins partielle des fonds, lorsque c’est contractuellement possible, afin d’investir cet argent sur des actions d’entreprises en capacité de verser correctement des dividendes pendant plusieurs années, ce qui est le cas de beaucoup d’entreprises cotées. Il est donc tout à fait utile de reprendre notre sélection de valeurs de rendement, et de les regarder, secteur par secteur, en fonction des risques de recul, ou non, ou d’augmentation du dividende. Nous allons commencer par la galaxie Casino. La principale affaire de cette galaxie, fondée avec plusieurs holdings successifs par M. Naouri, il y a quelques années de cela, c’est Casino Guichard, un groupe de distribution, fortement présent en France et numéro un en Amérique du Sud. Lors de la création de son groupe, Jean-Charles Naouri n’avait pas beaucoup d’argent. Il a donc multiplié les étages, multiplié les holdings, récupérant de la dette à chaque étage, cette dette doit être rémunérée, il y a donc la nécessité de faire remonter les dividendes, d’étage en étage, à partir de la grosse mère nourricière Casino, mais en passant également par Rallye, qui doit rémunérer sa maison-mère, Foncière Euris, faute de désendettement rapide. Le groupe Casino a remonté progressivement son dividende à 3,12 euros, et devrait le maintenir dans les années à venir tout simplement parce que la remontée des marges opérationnelles en France, accentuée du fait de la mise en commun des achats avec le groupement des indépendants Intermarché, permettra de conserver le dividende sans aucun risque dans les trois prochaines années, malgré les aléas du Brésil, dont on a déjà parlé.


La galaxie Naouri nourrit son minoritaire.

Le groupe Casino s’est désendetté de façon spectaculaire et rapide au-delà de ses objectifs, en tout début de cette année 2016, en vendant ses filiales Big C, en Thaïlande et au Vietnam, à des tarifs qui ont été particulièrement impressionnants. Il y aura encore quelques menues cessions d’actifs, notamment dans l’immobilier, car le groupe, à travers sa filiale colombienne Exito, ou ses filiales brésiliennes, possède des actifs de très grande valeur en Amérique du Sud, qui ont vocation à être introduits en Bourse, recevant des partenaires minoritaires, un peu comme pour les galeries commerçantes détenues par Mercialys, qui est une entreprise cotée, une foncière distribuant également un assez gros dividende, offrant un rendement proche de 7 % sur la base du cours actuel d’environ 19,43 euros. Le titre Casino est achetable aujourd’hui aux alentours de 47 euros dans une optique de rendement, si l’on veut faire des opérations de plus-value rapides, par des allers et retours, il faudra attendre peut-être qu’il soit en dessous de 45 euros, mais, sur le long terme, un cours de 47,20 ou 47,30 n’est pas un cours élevé, non seulement le titre rapportera son coupon chaque année, mais le groupe Casino se revalorisera sur le marché, ce qui permettra d’extérioriser une plus-value complémentaire du revenu, le jour où vous partirez, entre 80 et 85 euros. Sur Mercialys, un achat entre 19,40 et 19,60 est intéressant, la sortie se fera entre 25 et 28 euros, la volatilité boursière des entreprises immobilières étant moins élevée que celle des entreprises de distribution. Au-dessus de ces deux entreprises, il y a Rallye, qui cote actuellement entre 14,50 et 14,80 euros, là, le rendement est plus élevé puisque le dividende est de 1,64 euro. Rallye offre une perspective de désendettement lorsque l’entreprise vendra son activité de distribution sportive, le groupe Go Sport-Courir.

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