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Axa affiche son "ambition 2020", plus mesurée.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er juillet 2016 (numéro 850) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Faut pas rêver ! Axa affiche son ambition pour 2020, dans un registre plus modeste. Le groupe Axa a connu deux dirigeants principaux depuis sa création, au début des années 1980, par Claude Bébéar, ancien directeur général des petites mutuelles de Belbeuf, en Normandie, qui a forgé, de fusions en acquisitions, un groupe immense, le numéro deux en Europe, l’un des principaux assureurs mondiaux. Lorsqu’il a décidé de prendre du champ, Claude Bébéar a donné la direction générale à Henri de Castries, qui est devenu, quelques années plus tard, le PDG du groupe. Henri de Castries imite son mentor pour sa propre succession. En septembre prochain, l’allemand Thomas Buberl sera directeur général, Castries restant président, au moins pour quelques années.
Un Allemand aux commandes en septembre !
Il n’y a pas de transition brusque, mais, et c’est un peu normal vu que le métier d’assureur doit travailler sur le long terme, une longue préparation. A partir du 1er juillet, le comité de direction sera composé de dix membres en grande partie renouvelés, puisque seuls trois membres du Comité de direction actuel sont renouvelés ou se retrouvent avec des responsabilités nouvelles. Il s’agit de Jean-Louis Laurent Josi qui est directeur général d’Axa en Asie, de Mark Pearson, qui est directeur général d’Axa aux Etats-Unis, et de Véronique Weill, qui est nommée dans une nouvelle ligne de métiers dans la partie gestion de patrimoine. Six nouveaux membres ont été recrutés dans le groupe, à différentes fonctions, et Peter Kraus, président directeur général d’AB, va rester comme conseiller auprès de Thomas Buberl et des autres dirigeants du groupe, sur les sujets stratégiques. Thomas Buberl n’est pas un inconnu chez Axa puisque c’était le directeur général adjoint d’Axa, qui s’occupait notamment de la ligne de métiers « assurance santé », et, au niveau international, des activités d’assurance-vie, épargne et retraite. Axa est un groupe de 166.000 collaborateurs et distributeurs dans le monde entier, ces nominations montrent bien que la stratégie mise en place par Claude Bébéar à l’origine est toujours conservée.
Les talents doivent être utilisés, et il y a de l’émulation interne, aucun poste n’est exclu, le groupe Axa étant international, il n’est pas question non plus d’en faire une entreprise franco-française, avec un comité de direction exclusivement composé de compatriotes. Il ne faut pas oublier que le capital d’Axa, depuis le retrait de BNP Paribas, qui s’est achevé il y a quelques années seulement, est essentiellement composé des mutuelles Axa, à hauteur d’un peu plus de 14 % du capital, et des salariés, qui détiennent un peu moins de 6,5 % du capital. L’entreprise doit rendre des comptes à ses salariés, ou à ses mutualistes. Il n’est pas question de faire n’importe quoi ! En 2015, si le chiffre d’affaires a augmenté à 92,31 milliards d’euros, c’est en grande partie lié à un effet positif des cours des devises, l’entreprise Axa étant présente en Amérique du Nord, de longue date, suite à une conquête qui s’est réalisée en deux étapes du temps de Claude Bébéar. Lors de son plan stratégique précédent, qui s’est étalé entre 2011 et 2015, le groupe avait donné un objectif d’augmenter de 7 % le résultat opérationnel par actions chaque année en moyenne. Cet objectif a été dépassé puisque le résultat opérationnel est passé de 4,85 milliards d’euros en 2011 sur 80,92 milliards de primes brutes émises à 8,009 milliards en 2015 sur 92,309 milliards de primes émises brutes.
Une belle réussite sur 2011-2015.