Total passe à l’électricité, mais cela prendra du temps.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives,sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 juin 2016 (numéro 849) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Total, c’est comme un paquebot qui change de cap. Au début, cela ne se voit pas ou presque. Sur le site Internet de Total, la première accroche n’est pas sur un puits de pétrole, mais sur les investissements réalisés dans le cadre du capital-développement par le groupe Total, avec la présentation des jeunes pousses du nouvel incubateur, sur le thème Usine 4.0. C’est marrant, mais l’internaute est invité à aller voir les idées des créateurs dans lesquels Total a investi, de sociétés du nom d’Expert Téléportation, DCbrain, Ermeo, Idmog, Win MS, Iotium, Score AR, Archon…

Je vous laisse, si tel est votre désir, aller sur le site total.com, vous regarderez les fameuses entreprises, mais elles sont très diverses. Il y a déjà quelque temps, Total a décidé, dans son engagement pour produire et diffuser de l’énergie, de quitter complètement l’univers du charbon. Depuis quelques années (et notamment le rachat de SunPower aux Etats-Unis en 2011), le groupe a décidé d’investir lourdement dans le solaire, d’y être plutôt à l’avant-garde de la filière, et d’avoir une intégration complète sur la chaîne du solaire. Mais le groupe pétrolier est également investisseur important dans la biomasse, pour récupérer, via des déchets agricoles ou autres, de l’énergie, notamment dans le chauffage urbain. 

 

Un verdissement qui n’est pas que pour l’image.

L’essentiel de l’activité reste toujours bien évidemment l’exploration, la production et la distribution de pétrole et de gaz, mais, dans ce mix, c’est le gaz qui a désormais davantage la priorité. Le groupe investit également aujourd’hui davantage vers l’énergie électrique que par le passé, même si cela reste loin d’être prépondérant dans les investissements globaux du groupe Total. Il faut savoir que le groupe reste toujours un acteur fort et présent dans le raffinage et la pétrochimie, même si la prise en otage de ses six raffineries françaises, très récemment, avec un coût de plusieurs centaines de millions d’euros, pourrait peut-être remettre en question, comme l’a dit le PDG de Total, les investissements dans la modernisation d’un certain nombre de sites français, qui ne sont pas adaptés pour l’instant, et qui mériteraient des investissements de manière à rester ou à redevenir compétitifs. Dans la chimie de spécialité, à travers Huchinson et Atotech, Total occupe des positions de premier rang, dans le traitement des surfaces (Atotech), ou dans la transformation des élastomères (Huchinson). Même si Total, qui est en train de ramasser, via une OPA, le capital du fabricant de batteries électriques Saft, et a lancé le rachat du fournisseur belge d’énergie Lampiris, deux investissements dans l’électricité, est essentiellement la quatrième compagnie pétrolière et gazière au monde. Il s’agit de ce que l’on appelle en termes résumés une « major ».

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