Des parlementaires veulent ouvrir un débat sur les conséquences de la robotisation sur le système d’assurance sociale et l’emploi

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jacques Krabal, député PRG de l’Aisne : « Je suis pour une autre gouvernance politique, pour sortir de cette opposition stérile entre la droite et la gauche qui ne veut absolument rien dire. »

Jacques Krabal, député PRG (Parti Radical de Gauche) de l’Aisne, souhaite ouvrir un débat sur les effets de la robotisation sur le système d’assurance sociale et l’emploi. Le sujet commence à intéresser plusieurs parlementaires et c’est aussi pour cette raison que l’on évoque de plus en plus l’idée du revenu universel, visant à verser à tout le monde une certaine somme sans conditions d’éligibilité. Toutefois, Jacques Krabal se montre prudent, en estimant que l’on ne peut pas distribuer ainsi de l’argent sans contrepartie. Il est favorable à une taxation spécifique sur les robots, ou les produits manufacturés revendus, afin de préserver l’emploi et pérenniser notre système social.

A l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, lui a répondu : « Il faut repenser la base fiscale et sociale. Nous avons commencé à le faire avec la CSG et d’autres fiscalités environnementales ou sur le capital. Il faut poursuivre en ce sens. Ensuite, il faut une politique de formation volontariste. Notre défi, c’est que celles et ceux qui, aujourd’hui, exercent des fonctions productives parfois pénibles puissent être accompagnés et suivre une formation continue afin de transformer leur emploi, de les qualifier davantage et de développer des emplois beaucoup plus qualifiés dans notre économie». Jacques Krabal répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Pour quelles raisons souhaitez-vous ouvrir un débat sur la fiscalisation de la robotisation ?

Jacques Krabal : J’ai vu plusieurs informations sur le salon Innorobo, qui s’est déroulé récemment à Paris, et je me suis penché sur cette problématique en constatant que dans la presse il y avait plusieurs articles sur la question des destructions d’emplois en raison de la robotisation et, selon les journaux, les articles étaient plus ou moins favorables aux robots. Certains affirment que la destruction d’emplois n’est pas aussi conséquente que ce qui avait été annoncé il y a quelque temps. D’ailleurs, une étude de l’OCDE indique que seulement 9% des emplois sont robotisables. Les suppressions d’emplois seraient de l’ordre de 2 millions, mais il y aurait quand même un gain en matière de transfert d’activités. J’ai donc voulu interroger le gouvernement sur la manière dont il allait gérer cela. Il m’a répondu que la France était beaucoup moins robotisée que les autres pays européens et que nous étions bien placés dans la fabrication des robots. Malheureusement, ce sont les publics les moins formés qui peuvent être les plus impactés, d’où la nécessité d’accélérer la formation professionnelle. Ce qui m’intéresse, c’est la problématique de l’emploi, puisque nous avons un chômage de masse dans notre pays, et il y a aussi la question de l’assiette sociale puisque, quand on installe une chaîne de fabrication qui va détruire 300 emplois, c’est aussi des charges sociales en moins pour notre sécurité sociale et notre retraite.

Cependant, c’est Emmanuel Macron, qui est en charge de l’économie et du numérique, qui m’a répondu et il ne m’a pas répondu en profondeur sur l’aspect social. Je souhaite engager une réflexion sur le thème de la robotisation. Les machines ont contribué à améliorer la productivité et on le voit dans l’automobile, puisque l’on fabrique beaucoup plus rapidement une voiture aujourd’hui. Cela entraîne aussi une diminution du coût du bien produit et on pourrait bien envisager, compte tenu des gains de productivité, une taxation des robots ou des produits manufacturés revendus. C’est dans cette perspective économique globale que je m’intéresse à cette question, qui inquiète souvent les salariés quand ils voient arriver des robots dans leur usine. Il y a des suppressions d’emplois et il faut engager cette réflexion. Je ne suis pas démesurément inquiet sur ce sujet, mais il est important de poser des questions sur le fonctionnement de notre société, sur l’emploi, sur le travail et sur l’automatisation de la société. Quand on regarde les études de l’OCDE, la situation est moins alarmiste, mais il y a toujours des questions à se poser face au chômage de masse que nous connaissons. Je compte bien revenir sur ce sujet vis-à-vis du gouvernement, afin d’avoir des réponses précises.

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