Une candidature souverainiste pour les primaires à droite
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Jacques Myard, député LR des Yvelines : « Il existe malheureusement à droite un politiquement correct qui est en train d’assécher le débat démocratique. »
Jacques Myard, maire de Maisons-Laffitte et député LR des Yvelines, a annoncé sa candidature pour la primaire de la droite et du centre. Le parlementaire se démarque de ses collègues en étant le seul à revendiquer des positions clairement souverainistes. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes candidat pour cette primaire à droite mais, pour le moment, vous n’avez pas encore recueilli le nombre de signatures nécessaires. Ceux qui ne vous connaissent pas pourraient s’interroger sur les raisons de votre candidature car, de tous les postulants, vous êtes le seul à avoir voté à la fois non à Maastricht et au Traité constitutionnel. Est-ce pour défendre cette ligne souverainiste que vous vous portez candidat à cette primaire ?
Jacques Myard : Effectivement, vous venez de bien résumer l’enjeu. Malheureusement, au sein de notre famille politique, il n’y a plus de candidats qui veuillent défendre la souveraineté de la France et j’ai la volonté de poser ce problème dans le débat des primaires. J’agis en cohérence avec ce que j’ai toujours pensé. J’ai toujours refusé la dérive de cette construction européenne qui nous mène dans le mur. Bien sûr, quand j’ai pris position contre Maastricht et contre le Traité constitutionnel - j’ai renouvelé ce vote contre le traité de Lisbonne - certains m’ont traité de ringard... Mais on constate aujourd’hui que l’Union européenne va à vau-l’eau, car elle n’est plus en mesure de répondre aux attentes des peuples européens et elle est même devenue une machine infernale entre les peuples européens. Ce n’est plus un sujet de cohésion, mais de division ! Quand vous faites la somme des crises qui agitent l’Union européenne, vous en restez pantois, puisqu’il y a la crise des réfugiés, la crise de l’euro qui est toujours devant nous, contrairement à ce que certains veulent prétendre, la crise des travailleurs détachés, l’absence de réciprocité dans les relations internationales et le Brexit de nos amis britanniques qu’il ne faut pas juger avec mépris... Les Britanniques posent des questions véritables, notamment celle de la gouvernance, car on voit bien aujourd’hui qu’il est impossible de prendre des décisions rapides au niveau de l’Union européenne. Sur la crise agricole, vous allez avoir véritablement une latence et une lenteur qui s’est aggravée avec la crise. Stéphane Le Foll disait que le commissaire à l’agriculture avait mis plus d’un an pour se rendre compte qu’il y avait une crise en France ! J’ai donc décidé de poser cette question de la souveraineté. Mais il n’y a pas que l’Union européenne !
Certes, mais l’Union européenne est le marqueur de votre candidature, car chaque fois qu’un nouveau candidat se déclare pour cette primaire à droite, les électeurs trouvent qu’il y a beaucoup trop de postulants…
Il n’y a pas que cela, il y a aussi la nécessité de changer de politique macro-économique. Mais s’il y avait eu peu de candidats, tout le monde aurait dit que tout le monde se rangeait derrière le chef, le petit doigt sur la couture du pantalon… Je me félicite de l’ouverture d’un débat au sein des Républicains, c’est ce débat qu’il faut mener. Je vais le mener, bien sûr, en toute lucidité et je recherche activement mes parrainages pour aller au bout. Ce n’est pas une candidature pour passer sur les médias, mais parce que je souhaite exprimer des convictions sur la souveraineté de la France qui doivent être incontournables dans le débat qui s’annonce. Nous avons une sorte d’idéologie totale en matière économique, tant sur le plan interne que sur le plan externe. Sur le plan interne, on est complètement prisonnier de cette société socialisante qui fait que, bien évidemment, nous avons la meilleure fiscalité au monde pour chasser le capital et que plus personne n’investit dans notre pays… C’est le problème majeur ! On forme des jeunes pour donner de la valeur ajoutée à l’Angleterre, aux États-Unis ou à d’autres pays… Nous n’investissons plus parce que l’épargne des Français est chassée de France pour s’investir partout, sauf en France. Il y a aussi ce millefeuille territorial qui est un scandale avec ces mastodontes que sont ces régions, des établissements publics où l’on nous oblige à passer dans des intercommunalités. Là où il y avait un bassin de vie à 30 000 ou 40 000 habitants, on passera à des conglomérations à 350 000 habitants. La loi NOTRe est absolument scandaleuse parce qu’elle va aboutir à davantage de dépenses publiques pour faire fonctionner ces machins. Quand vous combinez tout cela avec ce qui se passe au niveau européen, avec l’euro, l’absence de réciprocité, l’absence de politique industrielle au niveau européen, nous ne défendons pas nos entreprises contre les razzias faites par les Chinois et les Américains. On marche donc sur la tête… Je veux parler de tous ces enjeux qui sont nécessaires pour que la nation française retrouve sa cohérence, la plénitude de ses moyens et la maîtrise de son destin. Face à la montée des dérives communautaristes et du fondamentalisme islamique, on a bien vu que la nation doit être remise au centre de notre action politique. Ceux qui ont décrié la nation et notre patriotisme se rendent compte aujourd’hui qu’ils ont joué aux apprentis sorciers, car être Français aujourd’hui, quelles que soient la couleur de votre peau et votre religion, cela doit être le socle du pacte républicain.
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