Classé confidentiel
LITTÉRATURE
Le chanteur Jean-Luc Lahaye a été condamné le 1er avril dernier à une peine d’un an de prison avec sursis pour corruption de mineure. Le chanteur, dans son dernier livre «Classé confidentiel», revient sur les affaires judiciaires le concernant et estime qu’il a été victime d’une «énorme injustice», en précisant avoir toujours été attiré par des jeunes femmes d’une vingtaine d’années, mais jamais par des mineures : « J’ai tenu à remettre les pendules à l’heure. L’histoire que tout le monde connaît, il y a deux ans, c’est une tempête dans un verre d’eau. Elle a été montée par une équipe de policiers qui ont eu une alerte Facebook, comme il y en a à peu près 20 000 par jour ! Mais, comme c’était mon nom qui apparaissait, avec des filles très jeunes qui se mettaient en contact avec moi via Facebook, avec des vrais ou des faux profils, cette équipe de policiers flaire un bon coup et elle part en enquête pendant six mois partout en France. Je pèse mes mots ! Ces policiers passent six mois à interroger des parents, des femmes, à essayer de saisir du matériel informatique... C’est une enquête équivalente à celle d’un noyau terroriste ! Ils reviennent bredouilles : ni plainte, ni victime, ni quoi que ce soit ! Mais il faut justifier ces six mois d’enquête qui coûtent très cher aux contribuables, avec des TGV, des avions et des hôtels. Donc, comme il y a des fans qui ont 15 ou 16 ans qui parlent avec moi, ils considèrent que c’est une tentative de corruption de mineurs, car le simple fait que j’accepte ces jeunes filles sur Facebook était à leurs yeux suffisamment répréhensible pour en parler à un procureur qui, lui-même, sans savoir les tenants et les aboutissants, décide de me convoquer pour me signifier que j’aurais un procès un mois et demi après, sans mise en examen, sans victime et sans rien… Pour alourdir les choses, il fait prévenir des associations diverses, qui n’ont aucun préjudice dans cette histoire, pour m’accabler un peu plus afin d’avoir un semblant de procès. Voilà l’histoire ! ».
Dans l’entretien qu’il nous a accordé pour évoquer son livre, Jean-Luc Lahaye souligne qu’il reçoit des dizaines de lettres de filles chaque jour : «J’en ai reçu encore la semaine dernière ! On s’amuse à les épingler avec mon agent, on rigole… Je fais un métier de chanteur, avec un répertoire plutôt glamour, je l’ai bien cherché puisque je suis sur un répertoire de séduction. Même si je n’ai plus 20 ans, j’ai toujours une vie saine et je n’ai jamais franchi la ligne jaune. Je paie mes impôts, je suis un bon citoyen et je fais des bonnes actions. Que peut-on me reprocher ? Est-ce un crime de sortir avec une fille de 25 ans ? Pour le tribunal, pour le procureur, c’est un crime de sortir avec une fille beaucoup plus jeune que soi ! J’ajoute que l’histoire que l’on me reproche, c’est avec un faux profil virtuel : je ne connais même pas cette fille !»
Son dernier livre, «Classé confidentiel», est surtout pour lui l’opportunité de revenir sur sa carrière et son parcours incroyable. Cet enfant de la DDASS, qui a connu la délinquance et la prison dans son adolescence, est devenu une star des années 80 : « Chez moi, il y a mon âme, mon passé, ma vie, ma jeunesse... C’est abrasif, tellement j’ai morflé, j’ai une carence affective gigantesque, et puis j’ai d’un seul coup une seconde naissance avec ma carrière qui démarre avec «Femme que j’aime ». Cela me positionne sur une autoroute à quatre voies, c’est-à-dire un répertoire très large de variétés françaises à tendance « love song » et c’est très bien… J’ai un public, une carrière qui démarre, une récompense incroyable par rapport à ce que j’ai vécu dans ma jeunesse. Mais il est vrai que mon mode de vie est beaucoup plus rock que celui de certains chanteurs rock, qui sont des bourgeois finalement… Je ne suis pas du tout un bourgeois ! J’ai grandi avec les Harley et les bikers, et je ne pourrai pas changer jusqu’au jour où j’irai au Père Lachaise… Je crois que le public m’accepte de cette manière. Je peux mettre un smoking pour chanter une chanson glamour à la télévision et partir ensuite en Harley-Davidson… »
Mais ce n’est pas seulement un chanteur, puisqu’il a été aussi le premier animateur-producteur à signer un contrat avec Francis Bouygues, au moment de la privatisation de TF1, pour présenter une émission en prime time sur la première chaîne privée d’Europe: « Dans l’histoire de la télévision française, j’ai été le premier à présenter un show et à le produire. Claude François avait fait de la télévision avec Michel Drucker, mais c’était la chaîne qui produisait. Pour la première chaîne privatisée en France, TF1, j’ai été le seul artiste à produire mon émission et en direct chaque semaine. Donc, c’était un événement qui a fait grincer des dents ! Ce segment de ma vie professionnelle a, là aussi, déclenché des haines de professionnels de l’audiovisuel, et d’autres, d’ailleurs, qui, chaque semaine, annonçaient ma mort prochaine... » Jean-Luc Lahaye continue ses concerts dans toute la France avec dans le public des gens d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Encore aujourd’hui, dans les soirées dansantes, tout le monde chante «Femme que j’aime ». Le chanteur estime que «jusqu’à la date d’aujourd’hui, mon parcours et le succès de certaines de mes chansons restent pour moi un entier mystère ! Je suis d’ailleurs étonné tous les jours, avec tous les risques que je prends dans la vie... Je ne me bride pas, je conduis le plus vite possible, je fais des sports extrêmes, j’ai un mode de vie d’équilibriste… Mais je suis croyant et le Seigneur m’a dédommagé de toute cette adolescence de misère en me donnant une chanson : «Femme que j’aime». C’est mon bâton de maréchal ! Elle est plus forte que moi, c’est celle qui m’ouvre la voie partout où je vais, elle est magique. Encore aujourd’hui, dans un concert, je vois une réelle différence avec mes autres chansons, qui sont pourtant des succès : c’est comme si un champ magnétique s’ouvrait, extrêmement lumineux, et le visage des gens change. Cette chanson me fera toujours un chemin, même dans les coins les plus obscurs…»
Ce livre est un beau témoignage sur un parcours de vie. On nous répète que l’État doit s’occuper de tout, que sans l’État on ne peut rien faire, mais il explique comment un jeune qui est parti de rien, qui vivait dans la misère et qui a fait des conneries, a pu s’en sortir et côtoyer les plus grands… Le message c’est finalement : « Prenez-vous en main ! » Jean-Luc Lahaye nous confie : «J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire au mois d’août dernier, chez moi, à Montmartre. Trois heures d’écriture trois fois par semaine, ensuite j’allais faire du parachutisme en Picardie. Écrire un livre, c’est comme passer sa vie au sablier, et, à la fin du tamis, on voit ce qui reste. Ce que je retiens, ce n’est finalement pas aussi mauvais que cela ! J’ai la chance d’être en bonne santé, je remercie le Seigneur tous les matins, j’ai une patate d’enfer et je suis toujours dans le positif. Je pense que le temps me donne toujours raison, donc je ne panique jamais. Parfois je m’inquiète, mais je me ressaisis ensuite… » Il a par ailleurs lancé une fondation, toujours active, 100 Familles, qui accueille des enfants abandonnés. Dans son livre, Jean-Luc Lahaye raconte sa vie chez Dalida qui l’hébergeait, les coulisses du show-business, sa rencontre avec François Mitterrand, ses négociations avec TF1, ses histoires d’amour et sa rencontre avec la famille la plus influente de France, ainsi que ses déboires avec le «287» qui fut une discothèque très branchée pendant quelques années.
«Classé confidentiel» de Jean-Luc Lahaye est publié aux Éditions Montparnasse – Carnets Nord.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.