Le sénateur LR de la Manche dénonce la désinformation autour du traité TAFTA

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean Bizet, président de la Commission des affaires européennes au Sénat : « Il ne s’agit pas d’une américanisation du commerce, il s’agit tout simplement de trouver des équivalences. »

Jean Bizet est sénateur LR de la Manche et président de la Commission des affaires européennes au Sénat. Le parlementaire a accordé un long entretien à L’Hebdo-Bourseplus pour évoquer la question du Brexit, mais aussi le fameux traité TAFTA qui fait couler beaucoup d’encre. Jean Bizet s’insurge notamment contre la désinformation qui entoure ce dossier.


L’Hebdo-Bourseplus : Des personnalités importantes, comme l’ancien maire de Londres Boris Johnson, se sont prononcées pour le Brexit. David Cameron a même pris de nouvelles mesures fiscales en faveur des entreprises, dans l’hypothèse d’une sortie. Peut-on savoir ce qui se passerait, sur le plan économique, si la Grande Bretagne devait quitter l’Union européenne ?

Jean Bizet : C’est relativement délicat à prévoir. Même si de nombreux cabinets d’études font des prospectives, il y a un certain nombre d’impondérables que l’on ne peut pas quantifier. Je regrette que cette question ait été posée par David Cameron pour régler un problème de politique intérieure et un problème de cohésion au sein de son propre parti politique, fragilisant ainsi l’ensemble des 28 états membres. L’Angleterre a toujours été un pied dedans et un pied dehors, on a toujours fait très attention à lui accorder un certain nombre d’exemptions. Ceci étant, s’il y avait une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, à mon avis, ce serait d’abord très ennuyeux pour la Grande-Bretagne sur le plan économique, parce qu’elle commerce majoritairement avec les pays de l’Union, mais ce serait aussi quelque chose d’assez grave pour l’ensemble des autres États membres. En effet, l’ancien commissaire européen Yves-Thibault de Silguy disait que l’ensemble des États membres de l’Union se priverait ainsi de l’ingénierie financière de la City.

Ce qui a été un élément déclenchant, c’est la décision de la Banque centrale européenne de rapatrier en zone euro ce que l’on appelle les chambres de compensation, fragilisant ainsi la City : c’est quelque chose que Monsieur Cameron ne dit pas. Il y a beaucoup de non-dits, de parties d’intimidation et la posture de Boris Johnson est surtout de se positionner pour l’après-Cameron… Je suis allé deux fois en Angleterre avec ma collègue qui est en charge de ce sujet, Fabienne Keller, et nous avons pris conscience que majoritairement les Anglais souhaitent rester dans l’Union européenne. La jeunesse veut absolument rester, alors que les populations plus âgées sont plutôt nostalgiques de l’Angleterre d’autrefois. Mais c’est un jeu extrêmement dangereux si la Grande-Bretagne venait à sortir, car cela donnerait également des envies à l’Écosse de remettre au goût du jour le référendum et la Grande Bretagne deviendrait alors une toute petite Bretagne...


Que pensez-vous de la position surprenante de Barack Obama expliquant qu’en cas de Brexit, il n’y aurait pas de traité de libre-échange entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ? On pouvait penser que les Américains seraient tentés de profiter du Brexit pour annexer davantage le Royaume-Uni…

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