TF1 : Pélisson sur un lit de braises.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 13 mai 2016 (numéro 843) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
TF1, c’est désormais un groupe au bord du précipice. Le titre TF1 est stable depuis le début de cette année, après une remontée assez significative, il a buté sur l’approche des 12 euros et vient de se ratatiner vers les 10, après le détachement du coupon… On est loin des 5,30 euros du plus bas sur les cinq dernières années mais aussi très loin des 17 euros et plus que l’on avait connu, avec le rebond des marchés. Boursièrement parlant, TF1 est entre deux eaux. La filiale à 43,7 % du groupe Bouygues (les salariés de TF1 détiennent 6,50 % du capital et le reste est constitué du flottant), est aujourd’hui à la croisée des chemins. Au premier trimestre, le communiqué avait comme sous-titre « la transformation du groupe s’accélère ». Gilles Pélisson, nouveau patron, n’a pas une situation facile à gérer.
Alors que certaines de ses concurrentes européennes sont aujourd’hui très prospères, notamment les chaînes anglaises, grâce à la production, grâce à leur diversification, TF1 est aujourd’hui très fortement dépendante de ses activités publicitaires. Au premier trimestre, cela constituait 356,1 millions d’euros des 481,9 millions d’euros de chiffre d’affaires. Comme la publicité ne va pas très bien en France, et encore moins bien en ce qui concerne la publicité télévisuelle, TF1 se retrouve ballotté, surtout depuis que la vente d’Eurosport a entraîné un recul des recettes d’abonnement, car cette chaîne encaissait d’assez coquettes recettes à ce titre. TF1 a vu ses recettes publicitaires baisser de 0,7 % au premier trimestre, alors que, au premier trimestre de 2015, la hausse avait été de 3,2 %. Son concurrent, le groupe M6, a des recettes publicitaires en hausse.
Trop dépendant de la publicité.
Si les autres activités sont à 125,8 millions d’euros, en hausse de 12,3 %, cela reflète tout juste l’intégration de Newen Studios, société consolidée depuis le 1er janvier 2016. TF1 a plongé dans le rouge, puisque son résultat net était de moins 13,1 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année, il n’est pas vraiment comparable avec le résultat trimestriel de 32,7 millions d’euros du premier trimestre 2015 car il y avait eu un résultat de déconsolidation d’Eurosport France positif à hauteur de 33,7 millions. Depuis plusieurs années, TF1 subit des charges dites non-courantes mais qui sont pourtant récurrentes, liées à sa transformation, à la réduction de sa voilure. Il y a également des charges importantes au titre de la chaîne LCI, dont le passage en clair est intervenu le 5 avril 2016, et qui a une perte opérationnelle particulièrement importante, aggravée du fait de ce passage en clair. On ne peut pas dire que l’audience des quatre chaînes gratuites du groupe TF1 soit mauvaise, à proprement parler. Sur le premier trimestre, cela représentait 27,3 % de l’audience sur les individus âgés de 4 ans et plus, contre 27,7 % un an auparavant.
La fameuse « ménagère de moins de 50 ans » qui s’appelle désormais « femme de moins de 50 ans, responsable des achats », est tombée de 31,8 à 31,3 %. Le groupe TF1, au contraire de beaucoup de ses concurrents européens, domine encore son marché en ce qui concerne l’audience. Le mode de consommation de la télévision change énormément. Elle est toujours majoritairement regardée en direct, mais 5 % de l’audience TV des téléspectateurs de 4 ans et plus en France regardent l’émission en différé, ce que l’on appelle en termes techniques le « replay ». C’est même une proportion supérieure pour France Télévisions, le site France TV Pluzz connaît un vrai gros succès. Pour des émissions de divertissement comme « Koh-Lanta » cela représente près d’un million de téléspectateurs additionnels. Pour des séries, cela peut aller de 1 à 1,5 voire même deux millions de téléspectateurs additionnels pour rattraper un épisode non vu. Lorsque l’audience de la télévision est en berne, tout mouvement d’envergure peut avoir un impact fort.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.