Malgré les difficultés, le monde rural ne baisse pas les bras

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Roger Prignot, maire de Pourrain (Yonne) : « Tous les services de proximité deviennent maintenant des services publics à nos yeux. »

Roger Prignot est le maire de Pourrain, une commune de 1500 habitants située dans l’Yonne. Depuis quelques mois, il est confronté à de nombreuses difficultés : la fermeture du bar, le départ du médecin, les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’épicerie… Toutefois, l’élu local ne baisse pas les bras. Il a décidé d’affronter les obstacles avec son équipe municipale et il arrive à trouver des solutions pour régler progressivement chacun des problèmes. Tout le monde est mobilisé pour ne pas laisser dépérir le village. C’est ce que nous explique Roger Prignot.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes confronté à la fermeture de plusieurs commerces, vous avez décidé de mettre en place un plan pour redynamiser le centre du village, mais vos moyens d’action restent quand même limités. Quelle est votre situation ?

Roger Prignot : D’abord, Pourrain a la particularité d’être situé à 15 kilomètres d’Auxerre, une ville de 38 000 habitants, et à 15 kilomètres de Toucy, une ville de 3800 habitants. Nous sommes entre les deux, sur les bords d’un axe routier très fréquenté, mais le problème, c’est que l’on passe simplement... C’est compliqué, parce que notre bassin de vie est situé trop près d’Auxerre : cela devrait être un avantage, mais c’est finalement un inconvénient. Tous les habitants de notre commune travaillent à Auxerre ou à Toucy, donc ils font leurs courses à Auxerre ou à Toucy. Notre village est devenu un village-dortoir. La petite épicerie que nous avons au centre du bourg survit, mais les gens y font simplement leurs petites courses de dépannage. Le bar a fermé, c’est une liquidation judiciaire... Face à tout cela, nous avons décidé de ne pas baisser les bras.

Nos moyens sont limités, nous cherchons des solutions et c’est aussi aux habitants de la commune de se mobiliser. Nous avons un repreneur pour le bar et nous avons décidé de l’aider. Il n’est pas possible qu’un gérant seul arrive à s’installer, car il a besoin du soutien de la collectivité. Il y a encore une vingtaine d’années, un épicier pouvait s’installer dans une commune avec ses propres moyens. Or, aujourd’hui, il a besoin d’un local fourni par la municipalité, il a besoin d’une aide à l’installation... C’est le peuple, par le biais des impôts locaux, qui soutient l’implantation de ses commerçants.


Considérez-vous le commerce de proximité comme un service public ?

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