Faurecia passe la surmultipliée.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 avril 2016 (numéro 841) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

En 2015, le groupe Faurecia a atteint, à quelque chose près, les objectifs qu’il s’était fixés dans son plan précédent, commencé en 2013, pour l’année 2016. Il convient de rappeler que le chiffre d’affaires total s’est établi à 20,69 milliards d’euros l’an dernier (plus 9,9 %), ce qui a donné une progression à taux de change et périmètre constants de 5,2 %. Le chiffre d’affaires du premier trimestre de 2016, toujours à données comparables, a été de plus 4,4 % ! Sur l’ensemble de l’année dernière, la marge opérationnelle a été de 913 millions d’euros soit 4,4 % du chiffre d’affaires total, les objectifs pour 2016 ont été dépassés au second semestre. L’entreprise visait en 2016 300 millions d’euros de cash flow net (tréflux), ce fut 303 millions d’euros en 2015. Puisque les objectifs fixés en novembre 2013 ont été atteints avec une année d’avance environ, il était tout à fait normal et logique, pour Faurecia, de regarder pour les années à venir, pour travailler sur son nouveau plan à trois ans.

Lors du précédent plan, la croissance du chiffre d’affaires a été en moyenne de 5,9 % par an soit bien davantage que les plus 2,9 % par an pour ce qui concerne la croissance de la production automobile mondiale. Faurecia a pris des parts de marché à la concurrence, sur quasiment toutes les zones et plus particulièrement encore en ce qui concerne l’Asie et la Chine. L’entreprise a investi en moyenne 4,8 % de son chiffre d’affaires des années 2012, 2013, 2014 et 2015 dans la recherche et le développement. Il y a donc eu creusement de l’écart pour ce qui concerne la concurrence, qui est désormais distancée. La marge asiatique a été de 9,4 % des ventes en 2015, il convient de rappeler que l’objectif qui avait été fixé en novembre 2013 était, pour 2016, de seulement 8 % du chiffre d’affaires. En Amérique du Nord, là aussi, les objectifs ont été dépassés puisque les 4 % visés sont devenus 5,1 % du chiffre d’affaires au second semestre de l’année dernière. 


Delabrière s’est recentré sur le cash, l’internationalisation et les coûts.


Après avoir consommé 559 millions d’euros de cash en 2012, essentiellement du fait des investissements (Chine…), de la restructuration et des gros frais de recherche et de développement, l’entreprise Faurecia a sorti une capacité nette de désendettement (tréflux) de 144 millions d’euros en 2013, de 216 millions en 2014, de 303 millions en 2015. L’objectif était d’environ 300 millions en 2016… ce sera, sans bien sûr tenir compte du produit de la cession des activités pare-chocs, plus proche de 450 à 500 millions que des 300 millions qui étaient naguère visés. Faurecia avait terminé l’année 2012 avec une dette nette de 1,81 milliard d’euros environ, on était à 963 millions seulement au 31 décembre 2015, avec le tréflux de 2016 et la sortie de la division pare-chocs, l’entreprise se retrouvera avec une situation de cash positive, un petit trésor de guerre, qui sera compris entre 200 et 350 millions d’euros au 31 décembre 2016. Ce désendettement à marche forcée aura permis à Faurecia de sécuriser ses financements, à bien moindre coût que dans les précédentes opérations obligataires.

Une dette portant un intérêt à plus de 9 % a pu être remboursée récemment grâce à une émission obligataire de 700 millions d’euros qui ne porte qu’un intérêt de 3,625 %. Au cours des dernières années, sous la présidence de M. Delabrière, Faurecia s’est rééquilibré en ce qui concerne son implantation mondiale, y compris pour ce qui concerne la recherche et le développement. Les trois centres français comptent désormais 1.350 ingénieurs, les quatre centres allemands 1.370, les deux centres chinois 1.000, les centres de Séoul et de Yokohama 100 ingénieurs, celui de Pune en Inde 665 ingénieurs, et, pour les deux centres américains, ils sont 660. La recherche et le développement est désormais de plus en plus proche de la clientèle, et moins coûteuse que par le passé. Faurecia 2012, c’était une entreprise dont près de 40 % du chiffre d’affaires venait de Volkswagen et PSA, les deux principaux constructeurs européens. Le Faurecia de 2015, c’est une structure de chiffre d’affaires beaucoup plus équilibrée, le groupe Volkswagen (dont Audi) est tombé à 19,8 % du chiffre d’affaires, Ford est monté de 13,2 à 16,7 % du chiffre d’affaires, Renault-Nissan est monté de 10,6 à 13,4 % du chiffre d’affaires, et le poids de la maison-mère, PSA Groupe, est légèrement tombé puisqu’il n’est plus que de 13,3 % du chiffre d’affaires contre 14,2 % en 2012.

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