Cloud, data science et algorithmes prédictifs...
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Éric Cohen, PDG de Keyrus : « C’est une quatrième révolution industrielle, donc c’est une vraie révolution ! »
Tous les signaux sont au vert pour Keyrus en ce début d’exercice 2016. Le groupe vient de publier des résultats annuels positifs. Ainsi, sur l’ensemble de l’exercice 2015, Keyrus a enregistré un chiffre d’affaires total de 201,9 millions, contre 173,1 millions en 2014, soit une hausse de 16,6%. Le résultat net courant est passé de 5,8 millions l’année précédente, à 8,1 millions. Enfin, le résultat net du groupe a bondi de 26,9%, à 3,3 millions. La direction de Keyrus voit un symbole dans le franchissement du palier des 200 millions de chiffre d’affaires.
Grâce aux piliers de son activité que sont la data intelligence, la digital experience et la branche Management & Transformation, la société table en 2016 sur une croissance supérieure à celle du marché, comme nous l’explique Eric Cohen dans l’entretien qu’il nous a accordé. C’est l’activité mid-market de Keyrus qui a tiré sa croissance en 2015. Cette dernière a enregistré sur l’exercice 2015 un résultat d’exploitation en hausse de 44%, à 3,9 millions. Son chiffre d’affaires a atteint 47 millions, représentant une progression de 3%. En parallèle, l’activité grands comptes a vu son résultat opérationnel baisser à 1,8 million, contre 2,2 millions en 2014. Eric Cohen, fondateur et PDG de Keyrus, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Il y a vingt ans, on vous positionnait dans la catégorie des SSII, mais aujourd’hui vos métiers semblent bien plus larges puisque l’on parle de big data et d’intelligence artificielle… Concrètement, quels sont vos métiers ?
Éric Cohen : En 1996, effectivement, on utilisait la terminologie de SSII, mais à l’époque nous étions une SSII parmi beaucoup d’autres. Dès la création de Keyrus, je me suis spécialisé dans l’informatique décisionnelle qui est ensuite devenue la business intelligence, puis l’analytique et le big data. À l’origine, on était déjà spécialisé dans l’informatique décisionnelle et les applications web. C’était le début de l’intérêt des entreprises pour un reporting de données structurées, le web a commencé à exploser, mais nous étions encore dans un marché où les technologies n’étaient pas totalement matures. On commençait à observer un vrai développement de la communication des entreprises à travers Internet, mais ce n’était qu’un début. Il est important de revenir sur le contexte. Après, nous avons connu un développement assez important en décidant de nous spécialiser. Notre cœur de métier, c’est effectivement la data. Il y a eu notre introduction en bourse en 2000 et nous nous sommes développés en organique et en croissance externe à travers une approche autour de la business intelligence. Nous avons racheté des entreprises en Europe et à l’international autour de ce cœur de métier et nous sommes aujourd’hui un acteur reconnu dans ce secteur de la revalorisation de la donnée. Pour la partie web, il y a eu plusieurs phases.
D’abord une web agency en 2000, nous étions déjà positionnés dans ce secteur, j’avais décidé en 2001 de faire marche arrière sur ce modèle parce que je considérais que ce n’était pas rentable et, en plus, la visibilité était assez réduite. Bien m’en a pris, puisque le marché s’est retourné en 2001. Entre 2001 et 2007, j’ai préféré me concentrer sur la business intelligence, tout en conservant des compétences technologiques web. Même quand on fait de la business intelligence, on doit intégrer de l’information dans des portails et dans des architectures web et nous avons donc conservé la dimension technique, mais pas la dimension conseil et marketing. Je suis revenu sur ce sujet en 2007, lorsque nous avons racheté la web agency Zeni, pour justement reconstruire une équipe de conseil et de digital marketing et redévelopper cette offre digitale, mais de manière plus structurée. Nous avons acquis un certain nombre de compétences sur le marché, avec certains cadres qui avaient une grande expérience dans des sociétés de communication et de publicité, d’autres dans des grandes agences web. Et nous avons structuré petit à petit notre portefeuille de services, à la fois sur la partie digitale et marketing, mais aussi sur le commerce en ligne où nous avons choisi un acteur leader sur son marché qui est Hybris, racheté par SAP il y a deux ans maintenant, une plate-forme omnicanale de commerce et d’engagement client. On peut améliorer le ciblage et le contact client et lui faire des offres personnalisées, peu importent son canal d’achat, Internet, les magasins physiques, etc.
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