Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Baisse des taux et des actions, est-ce normal ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Alors que les politiques monétaires des banques centrales arrivent au bout de leur logique guidée exclusivement par la baisse des taux administrés et les rachats d’actifs (dettes publiques et privées) sur les marchés, les indices boursiers se trouvent désormais livrés à eux-mêmes, comme jadis. La prudence dont font preuve à présent les investisseurs tient compte du retrait de ce filet de protection virtuel qui consiste à voir les banques centrales recourir à cette arme double en cas de forte baisse des marchés.

En effet, les récentes déclarations des banquiers centraux ont clairement laissé envisager une fin proche de ce type d’interventions, bien trop coûteuses sur le long terme pour le contribuable. Seuls les cas extrêmes pourraient les pousser à les ressortir. En Europe, les cas extrêmes s’appellent actuellement « Banques italiennes » dont Rome s’apprête à mettre sur pied un fond publique spécial pour leur venir en aide.

Plus généralement, c’est sur l’ensemble des pays de l’Union monétaire que les établissements bancaires, dont certains sont systémiques, ont besoin de capitaux massifs et urgents pour leur éviter de se retrouver du jour au lendemain en très grande difficulté. Cela, d’autant plus que la volonté publique de mettre à plat leurs participations et leurs activités « Offshore » les fragiliseraient à coup sûr.

C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles les pouvoirs publiques traînent les pieds dans le processus indispensable de restructuration du secteur bancaire, en grande difficulté, il faut bien l’admettre ! Elle est peut-être là l’explication de la grande divergence baissière entre les marchés boursiers européens et leurs homologues américains. Si nos banques doivent vendre beaucoup plus d’actifs que les banques US, alors les valeurs boursières auraient beaucoup plus de mal à remonter chez nous, pour cause de largages massifs présents ou à venir !

Or, cela est d’autant plus surprenant que les taux obligataires continuent à baisser en passant désormais en dessous de 0,45 % car nos banskters achètent massivement des emprunts d’État qui pourtant, ne rapportent pratiquement plus rien. S’agit-il d’interventions délibérées pour faire baisser ces taux coûte que coûte ou bien est-ce le résultat d’une certaine panique de « fuite vers la qualité », qui consiste à acheter des obligations d’État de premier ordre (Suisse, Allemagne, France) tout en vendant les actifs plus risqués comme les actions et les emprunts publiques de moins bonne signature ?

En face, les gros investisseurs institutionnels se frottent les mains en réalisant d’énormes plus-values obligataires tout en attendant tranquillement les fortes baisses des actions pour réinvestir à bon compte.  Du point de vue technique, l’indice Cac 40 teste actuellement la zone de soutien horizontale secondaire située autour de 4.240 points qui pour le moment semble tenir bon. En cas de cassure, la zone de support suivante et la plus significative se situe vers 4.000 points et correspond à la fermeture éventuelle du gap créé à ce niveau lors du rebond précédent. A la hausse, le niveau de résistance le plus proche est désormais à 4.400 points.

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