Le plan Peugeot, c’est "push to cash".

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 15 avril 2016 (numéro 839) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Peugeot : désormais, devra s’appeler « cash machine» (sauf en Bourse, provisoirement du moins). Carlos Tavares, patron de PSA Groupe (le nouveau nom de PSA Peugeot Citroën), a intitulé son nouveau plan « push to pass ». C’est une reprise de dénomination appliquée dans le sport automobile, avec un petit bouton qui permet de délivrer 20, 30 ou 40 chevaux de plus de puissance à un moteur, afin d’aider lors d’un dépassement, ou encore, de donner un coup d’accélération pour éviter de se faire dépasser.

Même si la présentation était faite en anglais (il faut convaincre le grand bankstérisme), cela n’a pas empêché que, le jour dit, le grand bankstérisme organisé mette l’action au tapis ! Si l’on résume ce nouveau plan qui fixe les objectifs de croissance pour la période 2016-2021, on peut le résumer à une seule chose : Tavares veut faire de son groupe le plus rentable du monde, dans le secteur des constructeurs généralistes.

Les objectifs ne sont pas de fabriquer davantage de voitures (cela viendra aussi), mais de créer du cash, de faire de l’argent, et, ipso facto, de s’imposer, en cours ou à la fin du plan, comme le potentiel reconstructeur du métier, le consolidateur, parce que le mieux géré, le plus rentable. Ne nous trompons pas ! Carlos Tavares a une ambition de porter PSA au rang de numéro un mondial, pas du tout l’ambition de terminer la course quelque part entre la cinquième et la septième place. 


Pour devenir n°1 mondial, s’affirmer par les profits d’abord.


Comme Tavares est tout sauf un imbécile, il sait que c’est le cash, la rentabilité, qui pourra faire de lui le Carlos Ghosn du futur, celui qui organisera le futur numéro un mondial de l’industrie automobile. Tavares fait avec ce qu’il a, et l’outil légué par Philippe Varin était un outil bien affûté, la lame Peugeot n’a cessé d’être travaillée à la meule et au marteau, et cela se fera encore dans les prochaines années. L’objectif n’est pas d’avoir une marge de 6 % en 2021, mais d’être plus proche de la « double digit » c’est-à-dire d’une marge opérationnelle de 10 % du chiffre d’affaires. Comme d’habitude, les prévisions sont faites pour être dépassées, car on ne sait jamais de quoi l’avenir peut être fait. Le marché automobile est comme n’importe quel marché, cela va, cela vient, il y a des mouvements cycliques, notamment sur les pays où le parc est important (Europe occidentale et Amérique du Nord), il peut y avoir des pauses dans une forte croissance, comme notamment en Chine, ou en Amérique du Sud, et certains eldorados promis peuvent se laisser attendre, cela fut longtemps le cas de l’Inde, cela peut être demain le cas de l’Afrique.

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