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Hermès International : du vrai luxe de chez luxe.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er avril 2016 (numéro 837) : “Les premiers résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Hermès : c’est une entreprise de luxe, de vrai luxe. Vous vous souvenez peut-être, car la publication est assez récente, que j’avais qualifié, au grand dam de Bernard Arnault, le groupe LVMH de « distributeur spécialisé », ce qui est pourtant véridique. Le groupe LVMH s’autoproclame « numéro un mondial du luxe ». Le sellier Hermès, maison parisienne pluricentenaire, est une véritable entreprise du luxe, célèbre par son bolduc, ou, aux côtés de la calèche emblématique, figure Hermès-Paris, une marque forte, qui se développe de manière récurrente, avec une croissance qui pourrait étonner, tellement elle est forte et régulière. Le chiffre d’affaires n’était que de 2,841 milliards d’euros en 2011, avant-hier donc. Il est passé à 3,484 milliards en 2012 puis à 3,755 milliards en 2013 et les 4 milliards d’euros ont été passés en 2014 (4,119 milliards).
Pour 2015, cela a été encore meilleur, et très au-delà de ce qui avait été annoncé au marché, puisque le chiffre d’affaires audité est de 4,841 milliards d’euros, une croissance de 18 %, de plus 8,1 % à taux de change constants. Bien évidemment, Hermès dit toujours, à chaque année, qu’il sera difficile de réaliser l’exploit l’année suivante. Pourtant, la ligne est fluide, on a l’impression qu’il s’agit d’un métronome. Les résultats suivent, ils ont presque doublé entre 2011 et 2015. Le résultat opérationnel courant était de 885 millions d’euros en 2011, il a été porté à 1,12 milliard en 2012, à 1,22 milliard en 2013, à 1,299 milliard en 2014 et à 1,541 milliard d’euros en 2015.
Encore une année de marge record.
La rentabilité opérationnelle courante démontre bien, s’il le fallait, le caractère « maison de luxe » de la société Hermès International. En effet, la marge opérationnelle courante s’établit à un nouveau record de 31,8 % des ventes… Il ne s’agit pas de commercialiser quelques produits pétillants, de la toile cirée en masse… mais tout simplement de l’exceptionnel, quels que soient les secteurs, et cela fonctionne. Hermès ne confie pas sa distribution à autrui, sauf pour les parfums, qui sont diffusés dans des réseaux sélectionnés. Les magasins sont des véritables « cathédrales du luxe », où le groupe met en avant l’ensemble de la gamme de ses produits, avec des vendeurs de qualité, formés, sélectionnés. On vous dit que la Chine ne va pas bien, en raison des grandes campagnes anti-corruption. Pourtant, c’est le développement des ventes en Chine qui a permis à l’Asie et au Japon de progresser de 5 %, alors que l’activité est en berne à Hong Kong comme à Macao, villes qui ont connu des difficultés l’an dernier.
La croissance est forte dans la zone Amérique, le groupe a ouvert un nouveau magasin à Miami, il a rénové les magasins de Houston et de Dallas. En Europe, il y a eu un agrandissement important des magasins de Bond Street à Londres et du Goom à Moscou. Malgré le terrorisme qui a touché le tourisme en France, le chiffre d’affaires y a progressé de 6 %, ce qui est particulièrement remarquable. Le groupe n’est freiné, dans sa croissance, que par son souci de qualité, et par la difficulté qu’il peut y avoir à avoir des matières premières haut de gamme, et des artisans bien formés pour les transformer. La partie maroquinerie sellerie a augmenté son activité de 13 % l’an dernier, cela a pu être rendu possible par la montée en puissance des capacités de production des deux nouvelles manufactures situées en Isère en en Charente, ainsi que de la nouvelle maroquinerie située à Héricourt (dans le Doubs). Le groupe est en train de chercher à croître de nouveau, un second site est en cours de création en Franche-Comté.