Le temps du phénix
LITTÉRATURE
Bruno Mégret vient de publier « Le temps du phénix », un récit d’anticipation qui relate le quinquennat d’un président imaginaire élu en 2017. Ce n’est pas un homonyme, il s’agit bien de Bruno Mégret, ancien numéro deux du Front national et fondateur du MNR, qui s’était retiré de la vie politique il y a huit ans. Est-ce son retour sur la scène médiatique ? Il souligne qu’il est resté très attentif à la conjoncture française : « Je me suis toujours intéressé au destin de mon pays et je suis exaspéré de cette situation, parce que je suis convaincu que tout demeure possible. C’est ce que j’ai voulu montrer dans le livre. » Concrètement, «Le temps du phénix » est une fiction focalisée sur un président de droite élu en 2017 et dont l’auteur suit les cinq années de mandat, avec toutes les décisions qui sont prises, mais aussi les conséquences, les obstacles, les manifestations et les coups bas… Or, au final, la France est redressée : « Mon objectif était de faire un livre qui soit plutôt distrayant. Mais au-delà de cet aspect ludique, puisqu’il s’agit d’un roman avec des rebondissements et toutes sortes de péripéties, il y a une donnée fondamentale à mes yeux, qui est que le problème principal, aujourd’hui, n’est peut-être pas de savoir ce qu’il faut faire, mais de savoir comment le faire.
Beaucoup pensent aujourd’hui que plus rien n’est possible, que la France est condamnée et que l’on ne pourra jamais engager le redressement. J’ai voulu montrer que malgré tous les obstacles qui pouvaient se présenter, il était possible de réussir en les surmontant. Pour démontrer cela, je me suis rendu compte que le plus simple et le plus efficace, c’était de mettre en scène un président élu en 2017, qui ait mes idées, évidemment, et, par le récit de son quinquennat, montrer comment il réussit mois après mois ».
L’approche se révèle novatrice puisque Bruno Mégret expose ainsi ses conceptions sous la forme d’une fiction : «C’est plus original et c’est beaucoup plus efficace. Dans un essai politique classique, on explique ce que l’on veut faire, le programme et les valeurs auxquelles on se réfère, mais on explique déjà beaucoup moins comment on s’y prendrait pour faire face aux difficultés ou comment, face à une situation qui paraît extrêmement bloquée, on réussirait à rendre possible ce qui, aujourd’hui, paraît impossible. Sur la question de l’Europe, par exemple, le président réussit à refonder l’Union européenne, chose qui paraît aujourd’hui totalement impossible. Dans ce livre, j’explique comment il réussit à rendre possible ce qui paraissait impossible. C’est d’ailleurs le propre du politique». Contrairement à d’autres ouvrages de politique fiction ou à des feuilletons comme House of Cards, Bruno Mégret ne s’attarde pas sur les dessous d’une campagne électorale, ni sur la vie privée des personnages, mais il s’inscrit dans un cadre strictement politique : « C’est très différent des quelques livres de politique fiction qui existent en dehors des séries télévisées et qui mettent en scène des situations plutôt rocambolesques dans lesquelles, d’ailleurs, on ne sait pas très bien quelles sont les idées des protagonistes en cause. L’aspect politique y devient presque secondaire. Dans mon livre, il y a des rebondissements, il y a des coups bas, des surprises, mais on reste dans le domaine du politique». Le nouveau président applique un programme de droite de conviction, combiné à des initiatives de nature très libérale, or force est de constater qu’il est difficile de trouver une telle offre sur l’échiquier politique actuel : « C’est un programme très axé sur la défense de l’identité nationale et européenne. Ce n’est pas un programme souverainiste au sens étroit du terme, puisque le président considère qu’il y a lieu de refonder l’Union européenne pour en faire un pôle de puissance capable de défendre l’identité, l’indépendance et la puissance des nations européennes, tout en les dégageant de la bureaucratie bruxelloise, puisque la Commission de Bruxelles est supprimée. Il y a une volonté de faire naître un véritable patriotisme européen. L’autre point de divergence, par rapport à ce qui peut exister sur la scène politique, c’est en effet la question économique. C’est un programme très libéral puisqu’il s’agit de délivrer les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, de la contrainte bureaucratique et fiscale. Mais, dans le même temps, le président est partisan d’une remise en cause de la mondialisation sauvage, avec une certaine régulation des échanges internationaux mais au niveau européen. Pour le reste, il y a une remise en cause de la politique migratoire, avec une grande loi qui a pour ambition de stopper toute nouvelle immigration, avec ensuite un processus de réémigration».
Autre aspect important : «Il y a une grande différence par rapport à la réalité que nous vivons actuellement. Mon héros, le président élu, arrive au pouvoir avec une idée extrêmement précise de ce qu’il veut faire, avec un plan très détaillé, et il le met en œuvre avec beaucoup de volonté et de détermination, ce qui est très différent de ce que l’on voit aujourd’hui, où l’on a l’impression que les hommes politiques arrivent au pouvoir et, quand ils sont au pouvoir, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient et ne savent plus très bien ce qu’ils vont faire». Bruno Mégret estime que l’adversité «que nous traversons est due essentiellement à une crise politique et la crise politique, c’est l’absence de pouvoir des dirigeants. La première résolution du président, dans mon livre, c’est de redonner du pouvoir au pouvoir. Il faut redonner du pouvoir par rapport à la Commission européenne, bien sûr, mais aussi par rapport aux deux contre-pouvoirs qui étouffent la vie politique : les médias et la justice. On a souvent tendance à dire que les médias sont le quatrième pouvoir, or ce n’est pas vrai. C’est aujourd’hui le premier pouvoir, car ce sont eux qui dirigent la vie politique, qui donnent la ligne à suivre et qui stigmatisent ceux qui ne jouent pas le jeu. La justice s’occupe maintenant de tout et n’importe quoi. Quand il s’est agi de démanteler, bien timidement au demeurant, la jungle de Calais, la décision finale a été confiée à un juge qui est venu sur place pour voir s’il y avait lieu de démanteler ou pas...»
Cet ouvrage est édité par les éditions Cité Liberté et il est en vente exclusivement sur Internet, en raison du refus des grands éditeurs de publier les écrits de Bruno Mégret : «Nous sommes en France en 2016 et nous ne sommes pas très loin d’une situation dont Georges Marchais parlait il y a de nombreuses années quand on lui avait demandé si, en URSS, n’importe qui pouvait se faire éditer. Il avait répondu : absolument, sans aucun problème, à condition de trouver une maison d’édition… C’est exactement ce qui se passe actuellement ! J’ai sollicité de nombreuses maisons d’édition et, lorsque mon nom était annoncé, la réponse était : si c’est Mégret, arrêtons là, ce ne sera pas possible... Nous ne sommes pas dans un pays de véritable liberté de ce point de vue ». Au cœur de l’actualité, ce livre apporte un éclairage original sur les débats qui agitent la scène médiatique, avec une opportune vision optimiste et volontariste de l’avenir.
« Le temps du phénix » de Bruno Mégret est édité par les éditions Cité Liberté (en vente via le site le-temps-du-phenix.fr)
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