Le test, une expérience inouïe : la preuve de l’après-vie
LITTÉRATURE
L’ouvrage de Stéphane Allix figure en tête des ventes en France et c’est le signe que les Français se passionnent pour les questions de spiritualité. Stéphane Allix est journaliste et il a mené une expérience très particulière, visant à essayer de savoir s’il existe une vie après la mort. Au décès de son père, Stéphane Allix a glissé une enveloppe et quatre objets dans le cercueil. Ces objets appartenaient au défunt ou rappelaient des éléments de sa vie. Personne d’autre ne savait qu’ils avaient été déposés dans le cercueil. Le test ultime a consisté à demander à plusieurs médiums d’entrer en contact avec le disparu, afin qu’ils citent les objets cachés. Stéphane Allix revient sur les raisons de sa démarche : «Je me suis engagé dans cette profession de journaliste parce que j’avais envie de comprendre des choses qu’a priori je ne comprenais pas. J’avais envie de découvrir des pays que je ne connaissais pas, j’avais envie de comprendre des problématiques qui pouvaient se poser à travers le monde, parce que j’ai beaucoup travaillé à l’étranger au début. Quand j’ai perdu mon frère dans un accident de voiture, il y a quinze ans, j’ai voulu essayer d’appliquer les méthodologies des enquêtes journalistiques à ces questions. Un journaliste, c’est quelqu’un qui se pose des questions, celles que nous nous posons tous. Face à un taliban ou un trafiquant de drogue, je me pose les questions que nous nous posons tous, c’est la même chose face à quelqu’un qui a vécu une expérience de mort imminente : « Êtes-vous certain de ce que vous dites ? Est-ce le fruit de votre imagination ? »
En faisant ce travail consistant à poser des questions rationnelles à des gens, on réussit à décortiquer tout cela. Ce livre est l’aboutissement de quinze ans de recherches autour de la mort. Ce n’est évidemment pas une question qui peut être résolue de façon exclusive par la science, la religion ou la philosophie, car on a besoin de toutes les approches pour pouvoir se nourrir et apaiser les craintes que peut faire naître ce sujet dans nos vies. J’ai essayé de rassembler ces différentes approches. Un médium prétend communiquer avec les morts ? Très bien, alors je vais cacher des objets dans le cercueil d’une personne défunte, en l’occurrence mon père, en faisant en sorte que personne d’autre ne soit au courant. Donc, si un médium me cite les objets, il n’y aura aucune explication conventionnelle pour justifier comment il a trouvé cela. C’est la base d’une expérience scientifique. Je pose une hypothèse, celle qu’il y a une vie après la mort et que l’on peut communiquer avec les défunts : je fais un marché avec un défunt en lui demandant de communiquer un certain nombre de choses à des médiums. Ce qui fait le succès du livre, c’est que l’on va bien au-delà de cette réponse. Bien entendu, le test marche, sinon il n’y aurait pas eu de livre... Mais il y a aussi des rencontres avec les médiums. Comment peut-on vivre au quotidien en sentant la présence de défunts ? Que peuvent dire ces gens sur le processus de la fin de vie ? Que se passe-t-il quand on meurt ? Est-ce que cela fait mal ? Ce sont des milliards de questions que nous nous posons tous. Écrire ce livre m’a bouleversé. Cela a changé quelque chose de fondamental en moi et cette synthèse a profondément apaisé les zones qui étaient troublées par rapport à cette question. Je suis détendu, je sais où est mon père, je sais où sont les autres défunts… La richesse de notre société, c’est de pouvoir s’acheminer sur un cheminement rationnel et cartésien, tout en explorant les questions qui sont laissées à l’abandon».
Stéphane Allix cherche à démontrer ainsi qu’il existerait bel et bien quelque chose après la mort. En effet, en compilant les propos des médiums, beaucoup d’informations coïncident. Ils sont arrivés à décrypter le caractère, les passions, une partie de la vie de son père. Et même davantage que ce que Stéphane Allix attendait : « J’ai voulu comprendre comment la communication s’établissait avec mon père. J’ai eu la preuve absolue que mon père communiquait avec moi à travers ces médiums. Mais pas seulement mon père, il y avait aussi d’autres défunts... Et j’ai eu la sensation que cette personne avec laquelle je communiquais était plus que mon père... Comment dire cela avec plus de précision ? C’était à la fois l’individu que j’avais connu et qui m’avait donné naissance, mais c’était aussi quelqu’un qui avait accès à d’autres choses, une personne plus entière encore… J’avais fait un marché avec mon père : après sa mort, me donner le nom de certains objets par l’intermédiaire des médiums. C’est ce qu’il a fait. Mais il s’est passé d’autres choses lors des séances avec les médiums. Il m’a dit beaucoup d’autres informations, sur son caractère, sa vie et des choses que j’ignorais. Quand je dis qu’il était plus que lui-même, j’ai un peu l’impression que quand on naît, il y a peut-être quelque chose au fond de nous, notre être essentiel, ce que la psychologie va appeler le soi. Ce petit quelque chose est au fond de nous et, au fur et à mesure que l’on avance dans l’existence, que l’on acquiert une culture et un langage, notre soi se recouvre de savoir et d’expérience. Cette expérience nous enferme dans une espèce de carapace qui est un individu. J’ai l’impression que la mort, dans une certaine mesure, nous débarrasse de cette carapace individuelle : on reste imprégné de ce que l’on a appris dans son existence et j’étais en contact avec cette espèce d’essence qui était à l’intérieur de lui de son vivant».
Dans son livre, le journaliste reste très prudent sur la question de la religion : « Parce que la religion n’a rien à voir avec la spiritualité. La spiritualité, c’est ce dont on parle maintenant, c’est-à-dire la relation intime de chaque être avec la transcendance. La religion, ce sont des structures culturelles et dogmatiques qui ont été élaborées par des hommes pour structurer ces élans spirituels. Les religions sont tout à fait intéressantes, parce qu’elles donnent des grilles de lecture différentes selon les cultures et les époques auxquelles elles ont été élaborées. Mais elles ont une vision à mon sens parcellaire d’une espèce de vérité matérielle. Le simple fait qu’il y ait plusieurs religions sur Terre montre bien qu’il n’y en a pas une qui a raison et que les autres sont fausses. Certains pensent cela, mais on voit les dégâts que cela donne…» Il ajoute : «Mon travail ne se situe pas dans le domaine religieux, c’est une enquête journalistique. Je suis un pur produit de la société occidentale, rationnelle et cartésienne, j’essaie donc de poser des questions de façon cartésienne et rationnelle, en procédant à un test tout à fait simple : cacher des objets dans un cercueil et demander au défunt de les dire à des médiums… A partir de là, découle toute une interrogation sur le monde spirituel et là où vivent les morts. Il y a des mystères qui sont inaccessibles à la raison et le mystère de Dieu est un mystère inaccessible à la raison. Il n’y a aucun sens à examiner scientifiquement l’existence de Dieu. Ce que l’on peut examiner scientifiquement, c’est savoir si les morts sont quelque part et si l’on peut communiquer avec eux. Je le prouve par A+ B. »
« Le test, une expérience inouïe : la preuve de l’après-vie », de Stéphane Allix, est publié aux éditions Albin Michel.
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