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L’influence du RCF progresse : l’ancien ministre et député LR des Français de l’étranger se prononce pour la liberté de la protection sociale
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Frédéric Lefebvre et Claude Reichman débattent sur la fin du monopole de la sécurité sociale.
Le Rassemblement des contribuables Français a une influence réelle dans la vie politique malgré l’embargo médiatique. En effet, depuis plusieurs années le RCF est le seul parti à défendre la liberté de la protection sociale et Nicolas Miguet était l’un des invités de Claude Reichman lors du congrès des « Libérés de la sécu ». Nicolas Miguet a abordé cette question il y a quelques semaines avec Frédéric Lefebvre et l’ancien ministre a compris qu’il y avait un mouvement important en faveur de la liberté. C’est un événement : pour la première fois, un parlementaire s’est prononcé pour la liberté de la protection sociale. Ainsi, Frédéric Lefebvre, candidat à la primaire de la droite et du centre, vient de créer l’événement avec ce sujet sensible, qui concerne des millions d’artisans, commerçants et patrons de PME, mais aussi des millions de salariés. Depuis une trentaine d’années, le docteur Claude Reichman, qui a notamment été conseiller de Raymond Barre, plaide pour la fin du monopole de la sécurité sociale. Frédéric Lefebvre et Claude Reichman, président du MLPS (Mouvement pour la liberté de la protection sociale), dialoguent dans cet entretien politique de la semaine.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de prendre position en faveur de la liberté d’affiliation vers des assurances privées pour les assujettis aux RSI. Raymond Barre s’était prononcé pour la liberté de la protection sociale en 1988, or, depuis cette date, vous êtes le premier homme politique à adopter cette position. Qu’est-ce qui vous a conduit à prendre cette décision ?
Frédéric Lefebvre : Lorsque j’étais ministre, j’étais en charge des commerçants, des artisans et des professions libérales, et j’avais l’habitude de faire trois déplacements par semaine. À l’occasion de ces déplacements, je n’entendais que des critiques violentes contre le système du RSI. Après le premier déplacement, en rentrant au ministère, j’avais dit à mon équipe : « Ce truc initié en 2005 et mis en place en 2008, il faut faire quelque chose, on ne peut pas continuer… » Mon cabinet m’avait répondu : « C’est vous qui recevez les réclamations, mais ce n’est pas vous qui avez la responsabilité du dispositif. En l’occurrence, cela dépend du ministère du Budget et du ministère du Travail ». J’avais saisi mes collègues pour que l’on puisse avancer sur ce dossier et nous avions mis en place des dispositifs avec beaucoup d’argent public pour entreprendre une réforme, comme aujourd’hui à travers tous les rapports qui sont publiés. Mais c’était simplement mettre des rustines pour bidouiller le système. En réalité, on passe à côté du fond du problème. C’est l’arbre qui cache la forêt. À la télévision, on voit en permanence des reportages sur ce système qui ne marche pas et on demande des sommes astronomiques à des gens qui se retrouvent très mal protégés.
Tout cela est vrai, mais les gens sont aujourd’hui dans une situation dramatique, il y a une paupérisation réelle. Si j’ai décidé d’agir, c’est parce que je vais à la rencontre des Français depuis des mois et des mois. Je suis sur le terrain, je vois des commerçants qui dorment dans leur cave pour continuer de payer leurs salariés, je vois des gens qui ne sont pas capables d’avoir une retraite... C’est le vrai visage de ces 63 000 faillites que nous avons connues l’année dernière, ce qui veut dire 236 000 emplois, sans compter tous les emplois qui pourraient être réalisés et qui ne le sont pas. Tout simplement, parce que l’on étrangle ces acteurs économiques. Donc, je me suis dit qu’il était temps de leur donner la liberté, puisqu’au niveau européen cette liberté a été affirmée et beaucoup de pays l’appliquent.
Ce que vous dites est très important, puisque cela confirme les propos de Claude Reichman : il répète depuis des années qu’il existe des directives européennes sur la concurrence dans le domaine de la protection sociale…