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Souffler pour mieux repartir ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le mouvement de reprise commencé sur le creux de 3.892,46 points réalisé en séance du 11 février, s’est poursuivi jusqu’à 4.303,90 points ce lundi 22 février avant d’entamer une phase de consolidation à court terme. Ce premier rebond relativement fort s’est opéré en laissant derrière lui un gap haussier assez important, entre le plus haut du vendredi 12 à 3.995,06 points et le plus bas du lundi 15 février à 4.076,80 points. Pour les débutants et les non techniciens, il est utile de rappeler la signification technique d’un « gap » : il s’agit d’un écart de cours important entre une séance de cotations et la suivante, se matérialisant par une discontinuité (déchirure) dans la courbe des variations quotidiennes. Un « gap » haussier est généralement le signe d’un déséquilibre sous-jacent (qui ne se voit pas encore à l’œil nu, mais qui existe déjà) et qui est provoqué en l’occurrence par les acheteurs. Cela indique que ces derniers n’espèrent plus de baisse supplémentaire et craignent désormais de rater le nouveau train haussier.
En ce milieu de semaine (au moment où j’écris cette analyse des marchés), alors que plus de 10 % de reprise a d’ores et déjà été effectué, les premières prises de bénéfices commencent à intervenir face à l’affaiblissement momentané du courant acheteur préférant désormais se remettre en léger retrait. A présent, la tentation de vouloir « travailler » le marché près de ses creux de correction pourrait pousser les gros intervenants (les banksters) à l’empêcher de remonter trop rapidement. Pour rendre profitable les grandes variations cycliques, ils ont besoin de temps pour accumuler des grosses positions et défaire les précédentes non encore dénouées.
Ce qui a changé par rapport aux précédentes fortes baisses, c’est la diminution des montagnes de:liquidités issues des politiques monétaires des banques centrales et qui exerçaient une pression haussière permanente sur les marchés. En revanche, ce qu’on pourrait craindre désormais, ce serait une forme de dépression de cette sphère financière qui n’avait fait que gonfler jusqu’à récemment. Les forces dépressives sont néanmoins devenues omniprésentes avec d’une part, la poursuite de la faiblesse des cours du pétrole et généralement celle des matières premières et d’autre part, les niveaux toujours plus bas des taux d’intérêt à long terme sur les marchés obligataires souverains. C’est une manière comme une autre de réduire, ou au moins ralentir sur une très longue durée le surendettement des États sans bourse délier.
La contrepartie d’une telle politique économique est l’atonie dans laquelle s’est plongée la croissance en Europe et qui risquerait de se prolonger sur une aussi longue période ! Techniquement, après une consolidation autour des 4.100 points, l’indice Cac 40 devrait tenter de reprendre le chemin de la hausse pour aller défier la prochaine zone de résistance d’importance, située vers 4.400 points. A la baisse, les niveaux de soutien les plus proches se trouvent successivement vers 4.000, 3.900 puis 3.800 points.
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