Peugeot : des résultats en argent, des perspectives en or.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 4 mars 2016 (numéro 833) : “Les premiers résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Peugeot : les résultats publiés mercredi sont spectaculairement bons. Seule déception, le dividende ne sera repris qu’au titre de l’exercice 2016. Tavares veut-il garder le cash pour se payer Fiat Chrysler ? A suivre... Si vous l’avez archivé, je vous incite à aller reprendre en main l’Hebdo Bourse Plus numéro 821, daté du vendredi 11 décembre 2015. Je vous incite à relire de A jusqu’à Z la longue étude financière publiée en page 6 et 7, dans ce numéro qui date quand même d’il y a deux mois et demi environ.

Relisez, vous serez surpris (ou non) par l’extraordinaire justesse de mes prévisions. Comme indiqué en ouverture de l’article de décembre, le plan « Back in the race », lancé en avril 2014, c’est terminé. Non pas que PSA Peugeot-Citroën renonce à ses grands engagements… Si le plan est terminé, c’est que, avec trois ans d’avance, ce plan de redressement des comptes qui prévoyait une échéance en 2018 est aujourd’hui dépassé, ses objectifs sont d’ores et déjà atteints, tout est dans la caisse… Le groupe passe à autre chose, il passe au développement, il passe à l’expansion internationale. J’avais indiqué, en cinquième colonne, que le groupe PSA « aura dégagé largement plus de 3 milliards d’euros de cash », sur l’ensemble de l’année 2015.

C’est désormais officiel, le chiffre exact est de 3,8 milliards d’euros ! J’indiquais que : « on constatera, fin février, que l’objectif de 5 % est déjà atteint pour l’année 2015 » (je parlais de la marge opérationnelle). Là aussi, c’est une chose faite ! On avait connu un groupe PSA qui était mendiant, qui allait d’augmentation de capital en augmentation de capital… On a aujourd’hui un groupe hyperprospère, complètement sous-valorisé en Bourse, qui dispose d’une position financière nette à la fin de l’année 2015 d’environ 5 milliards d’euros (vous avez bien lu, il s’agit de 5 milliards d’euros dans la caisse, un trésor de guerre lui permettant de prendre le contrôle du groupe Fiat-Chrysler, si tel un jour est son désir). 


Terminées les années de pertes.


Dans la présentation, l’amateur de course qu’est Carlos Tavares a mis en exergue la 2008 DKR qui a gagné le Dakar, en reprenant une spectaculaire photo de la célèbre course d’endurance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le tréflux (free cash flow opérationnel), était déjà monté à un spectaculaire 2,082 milliards d’euros en 2014. Il s’agit de 3,803 milliards en 2015. Pour ce qui concerne le résultat opérationnel courant du groupe, il est passé de 797 millions d’euros en 2014 à 2,733 milliards en 2015. Le résultat net consolidé (compte tenu des frais financiers, des frais de restructuration, des amortissements divers, des impôts payés…) est passé d’une perte résiduelle de 555 millions d’euros en 2014 à un bénéfice de 1,202 milliard en 2015. Le chiffre d’affaires n’a pourtant progressé que de 6 %. Ce qui est impressionnant, c’est l’effet de ciseaux qu’il y a eu entre une légère augmentation du chiffre d’affaires et une poursuite rapide de la baisse des frais. Du coup, la marge opérationnelle « explose ». Les frais financiers étaient encore de 539 millions d’euros en 2014, ils sont tombés à 352 millions en 2015, ils tomberont encore en 2016. On a beaucoup glosé sur la stagnation des ventes de PSA en Chine en 2015.

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