Comprendre l’islam

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Le dernier ouvrage de Guillaume Faye s’intitule « Comprendre l’islam » et il nous y livre une analyse passionnante du Coran qu’il a étudié en profondeur, notamment après avoir lu son édition initiale. Guillaume Faye donne des conférences dans toute l’Europe, en Russie et en Amérique du Nord et il est considéré comme un théoricien dissident de la «Nouvelle Droite». Il nous invite donc à comprendre l’islam, mais lequel ? Pour l’auteur, «l’islam, c’est comme beaucoup de choses, comme le christianisme, le marxisme et beaucoup de théories. Il y a évidemment des versions différentes de l’islam, notamment l’islam modéré mais, comme dans toute théorie, il y a le centre. Le véritable islam, c’est l’islam sunnite, qui est majoritaire d’ailleurs, c’est l’islam du Coran, ce n’est pas du tout l’islam des modérés ou l’islam chiite. Donc, je ne fais pas de différence entre l’islam et les islamistes. Les islamistes sont véritablement dans la ligne objective de Mahomet, qui n’est pas un prophète, mais un oracle qui a rencontré l’ange Gabriel dans le désert et qui a reçu la parole de Dieu. Les islamistes modérés sont des dérives, mais ce n’est pas le véritable islam. C’est malheureux à dire, mais c’est une religion totalitaire, et elle s’exprime à travers la théorie de Daech aujourd’hui ».

Pourtant, l’islam modéré sunnite que l’on connaît dans les pays du Maghreb est largement dominant et il ne pose pas de problème... Mais Guillaume Faye rappelle que «dans l’islam, il y a la taqiya qui signifie la ruse, de même que l’Arabie Saoudite joue un double jeu. Bien entendu, il y a aussi, pour conserver un pouvoir personnel à une caste dirigeante, une volonté de conserver un islam modéré. L’Arabie Saoudite va envoyer des troupes contre Daech de la main droite alors que, de la main gauche, on sait très bien que beaucoup de Saoudiens financent Daech ou Al-Qaïda. C’est un double jeu permanent. Ce double jeu est plus ou moins accentué. Au Maroc, en Algérie ou en Tunisie, les élites sont véritablement anti-islamistes, mais ce ne sont pas véritablement des vrais musulmans. Le plus grave, c’est le peuple. Je connais parfaitement le Coran, je l’ai étudié, je ne suis pas comme Alain Juppé… J’ai lu la véritable édition, non expurgée, et, ce qui importe, ce sont les masses musulmanes. La langue arabe, qui est une très belle langue, d’ailleurs, forme le centre théologique de l’islam. Mais l’essentiel, ce ne sont pas les élites politiques, mais que les masses se retrouvent de plus en plus dans un retour à l’islam authentique, celui du huitième siècle : c’est une religion guerrière de conquête du monde, avec un certain nombre de prescriptions qui ne correspondent absolument pas à notre civilisation. C’est ce qui est important. En effet, ce qui est important, ce ne sont pas les positions politiques provisoires des régimes, comme au Maroc, en Tunisie, en Algérie ou en Égypte, car ces régimes pourront être renversés du jour au lendemain, de même qu’en Arabie Saoudite. Les masses musulmanes, dans le monde entier, adhèrent de plus en plus à ce retour à l’islam authentique et originel, et cet islam est celui du djihad et de la conquête violente».

Guillaume Faye souligne que «dans l’islam, il y a toujours cette volonté de baiser la main que l’on ne peut pas mordre. Tant que l’on est faible, on a le droit de mentir… Dans l’islam authentique, il y a trois moments à travers le mot Dar, qui signifie le territoire et le domaine temporel : il y a le temps de la trêve, lorsque l’on est faible, le temps du conflit et de la guerre, et le temps de la conquête générale. Mais ils n’arrêtent pas de se battre entre eux et c’est la chance des adversaires de l’islam ». Selon son analyse, nous sommes dans le temps de la bataille. Or, il ne faut pas interpréter ce combat sur le plan physique, mais comme un affrontement d’ordre intellectuel et, dans ce contexte, il peut choquer le lecteur. Par exemple, il explique : «C’est pour cette raison que je dis que le moins grave, c’est finalement les attentats. Cela fait moins de morts que les accidents de la route, d’ailleurs, et c’est d’ailleurs négatif car beaucoup de musulmans pensent que ce n’est pas une bonne chose, parce que cela cristallise les populations contre l’islam. Le plus grave, c’est la démographie et toutes les revendications autour des mosquées ou du port du voile. C’est un grignotage territorial et, pas à pas, on impose la charia. C’est une islamisation en sourdine de la société qui fait que l’on perd toutes nos traditions, car c’est une revendication, puis une deuxième, puis une troisième… » Guillaume Faye se montre aussi très critique à l’égard du gouvernement en place : «Le plus extraordinaire, c’est cette contradiction totale avec cette gauche au pouvoir, alliée des féministes, et qui ne dit rien contre l’emprise de l’islam qui est fondamentalement anti-féministe. On a le même problème avec les juifs, puisque l’islam est fondamentalement anti-juif à cause de ce qui s’est passé à Médine entre Mahomet et les tribus juives. Cela n’a donc rien à voir avec le conflit israélo-palestinien».

Mais comment peut-on expliquer l’attirance des jeunes à l’égard de l’islam ? Pour Guillaume Faye, «il y a une espèce de volonté de revanche ethnique. Ils ne se sentent pas Français, et, comme au temps du gauchisme, il y a une faiblesse des valeurs occidentales et européennes qui fait que l’on a toute une jeunesse, y compris non-musulmane d’origine, qui trouve dans l’islam une espèce de cause de révolte et de violence contre une société qui les désire en quelque sorte. Il y a un côté schizophrénique, parce qu’ils adorent le capitalisme, les smartphones mais, en même temps, il y a une sorte de révolte complètement irrationnelle. Sur le plan historique, je pense que les comportements humains ne sont absolument pas rationnels. Il y a des contradictions permanentes. On a vu cela avec le marxisme : c’est l’égalitarisme total, mais on construit une société très élitiste et complètement inégalitaire qui opprime le peuple, alors qu’elle était censée le préserver. Il y a une grande partie de la jeunesse qui trouve des racines ethniques dans son islamisation et, en même temps, un motif de révolte parce que, finalement, il y a un côté ludique dans tout cela. On a vu cela avec le gauchisme. Il y a rien de nouveau sous le soleil...»

Le livre de Guillaume Faye est intéressant, car il contient des explications que l’on ne trouvera nulle part ailleurs, notamment sur la confusion de la foi et de la loi, du spirituel et du temporel, du religieux et du politique, mais aussi sur sa puissance de sidération et de conquête. Après avoir refermé cet ouvrage, on se dit que l’islam n’a vraiment rien de commun avec les autres dogmes religieux : « L’islam n’a rien à voir avec les religions que nous connaissons. C’est quelque chose de totalement différent, et, si l’on veut trouver un apparentement, c’est avec le communisme et le marxisme. C’est la raison pour laquelle nous avons, comme par hasard, ce que l’on appelle l’islamo-gauchisme. » Un livre engagé, boycotté par les médias institutionnels, ce qui n’est pas surprenant, mais qui apporte une analyse passionnante et éclairante sur ce sujet sensible.

« Comprendre l’islam » de Guillaume Faye est publié aux Éditions Tatamis.

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