Après avoir créé une école, LDLC.com se développe en renforçant son réseau de boutiques physiques

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Olivier de la Clergerie, directeur général de LDLC.com : « Nous pouvons toujours exister face à des géants comme Amazon, mais il faut que nos clients puissent comprendre pourquoi ils ont intérêt à venir chez nous. »

LDLC.com est devenue la marque préférée des passionnés d’informatique et c’est aujourd’hui la seule entreprise de ce secteur qui ait su résister et se développer face à la concurrence des grands groupes anglo-saxons. LDLC.com vient d’annoncer 96,4 millions d’euros de chiffre d’affaires pour le troisième trimestre de son exercice 2015-2016. Le leader du high-tech online enregistre une croissance de 11% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, par rapport à 2014-2015, et une progression de 27% par rapport au deuxième trimestre 2015-2016. LDLC.com explique ses bonnes performances par les ventes enregistrées pendant la période des fêtes de fin d’année. Le distributeur annonce d’ores et déjà 240,2 millions d’euros de chiffre d’affaires sur 9 mois (du 1er avril au 31 décembre 2015), soit près de 24 millions d’euros de plus que l’an dernier sur la même période. LDLC.pro, l’activité BtoB (pour les professionnels), affiche une croissance de 15,5% de son chiffre d’affaires à 33,1 millions d’euros sur ce trimestre.

L’activité BtoC (grand public) reste la plus importante puisqu’elle représente près du tiers du chiffre d’affaires de l’entreprise, à 60,3 millions d’euros. LDLC.com enregistre d’ailleurs une hausse de 32% de ses ventes dans ses 13 points de vente, ce qui représente 10,1 millions d’euros. Les autres activités ont donné lieu à 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Par ailleurs, LDLC.com vient d’annoncer le rachat de l’entreprise nantaise Materiel.net. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Olivier de la Clergerie, directeur général de LDLC.com, évoque l’actualité de l’entreprise, son développement, avec la création d’un réseau de boutiques physiques, mais aussi ses objectifs à travers l’Ecole LDLC. Il revient également sur le positionnement de LDLC.com face à la concurrence.


L’Hebdo-Bourseplus : Depuis quelques mois, le commerce en ligne dans le domaine des produits technologiques est en plein bouleversement. Pixmania a été en procédure de sauvegarde avant d’être racheté par Vente du diable. Maintenant, vous annoncez l’acquisition de Materiel.net, qui n’était pourtant pas en difficulté. Comment le groupe LDLC.com s’est-il démarqué pour ne pas être impacté par tous ces mouvements ?

Olivier de la Clergerie : Le contexte de marché montre qu’il y a une consolidation importante qui est en train de se produire. On a vu Carrefour qui a repris Rue du Commerce et c’est opérationnel depuis début janvier. On voit ce qui se passe entre la Fnac et Darty, on voit Amazon qui grandit, Mutares qui reprend Grosbill, après avoir repris Pixmania… Et Pixmania qui est en grosses difficultés… C’est un environnement qui est en mouvement et qui n’est pas simple. Au milieu de cet environnement, il y a deux acteurs particuliers, LDLC.com et Materiel.net, parce que ce sont les deux derniers réels indépendants qui ont une dimension significative par rapport aux autres acteurs. Aujourd’hui, forts de ce constat, comme tout le monde bouge, nous avons pensé qu’il serait intéressant de bouger aussi. C’est ce qui a été à l’initiative de notre souhait d’acquisition. Nous avons pris contact avec le dirigeant de Materiel.net pour explorer cette piste car, effectivement, Materiel.net ne va pas mal, on n’est donc pas dans un processus de rapprochement lié aux difficultés d’une entreprise. On est surtout dans un processus où il y a beaucoup de choses qui bougent autour et nous avons pensé qu’il était opportun d’essayer de créer quelque chose d’encore plus important.

Nous avons pris contact, nous avons discuté, et nous sommes arrivés à la conclusion que lorsque deux indépendants qui vont bien sortent leur épingle du jeu sur le marché en se rassemblant, cela fera encore un plus bel outil… C’est très intéressant parce que tous les mouvements que j’ai cités auparavant sont des mouvements liés à des transformations. Par exemple, Rue du Commerce n’allait pas très bien au sein d’Altarea, et Carrefour prend un outil qui, chroniquement, perd de l’argent depuis un certain nombre d’années. Donc, ils vont devoir travailler d’une manière forte. En ce qui concerne Fnac et Darty, c’est clairement un rapprochement intelligent, mais c’est un rapprochement qui vise à servir la transformation numérique des enseignes face à des acteurs comme Amazon. Ce sont donc deux entreprises qui ont besoin de se transformer. Vous avez aussi Mutares, qui a essayé de retourner l’activité de Pixmania, mais les choses ne se sont pas bien passées… Tous ces acteurs, qui ont des tailles significatives, sont dans des périodes complexes. En face, LDLC.com et Materiel.net se portent bien. Pourquoi ? Ce sont deux sociétés qui ont beaucoup de points communs, un ADN très proche, un ADN de marque, puisque nous sommes restés des distributeurs spécialisés qui travaillent sur la qualité de service, le choix et l’expertise.

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