Comprendre les grands enjeux de demain avant de choisir son candidat de droite...

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Nicolas Dhuicq, député LR de l’Aube : « Je redoute de grands désordres et un pays totalement ingouvernable. »

Nicolas Dhuicq est député LR de l’Aube et maire de Brienne-le-Château. Encore méconnu au niveau national, ce parlementaire a une solide culture politique et une approche intellectuelle qui tranchent avec celles de la plupart des élus qui ne prennent pas de recul, par absence de socle idéologique ou par manque de temps… Dans cet entretien percutant, Nicolas Dhuicq nous propose de réfléchir sur le choix que devront faire les électeurs de droite au moment des primaires, en se posant les bonnes questions sur l’avenir de notre pays.


L’Hebdo-Bourseplus : Comment analysez-vous l’organisation de la droite, avec les primaires qui commencent à mobiliser de nombreux candidats ? Comment envisagez-vous cette perspective ?

Nicolas Dhuicq : Au commencement, j’y étais défavorable, parce que j’étais sur une position qui consiste à penser que la primaire est en réalité le premier tour de l’élection présidentielle sous la Ve République. Nous avons plusieurs droites en France. Pour moi, la définition de la droite, c’est mettre l’essentiel sur la responsabilité de l’individu libre qui décide de s’associer. C’est, deuxièmement, la liberté d’entreprendre, au niveau micro-économique au moins. Après, j’appartiens à une école qui consiste à penser que l’État a un rôle structurant à jouer, en particulier dans les grands projets macro-économiques, et je crois que la grande ligne de clivage aujourd’hui se fait entre ceux qui croient encore en la nation - j’en fais partie - et ceux qui considèrent que les grands organismes supranationaux pourraient résoudre les grandes questions. En ce qui concerne la primaire, j’attends une clarification sur les lignes politiques et je ne suis pas totalement persuadé que cela arrivera. Je crois que tant que ces grandes questions par rapport à la nation et à la construction européenne ne seront pas résolues, les droites ne gagneront pas l’élection présidentielle.


Vous faites partie de ceux qui croient en la nation en faisant une distinction entre la nation et l’État. Certains peuvent ne plus fonder leurs espoirs dans l’État, en défendant une société très libre, mais ils peuvent croire en la nation. Qu’en pensez-vous ?

Il y a aujourd’hui des forces très puissantes de dislocation des nations et des États. L’État a deux rôles principaux : d’abord, il doit gérer la question de la violence et, ensuite, il doit organiser une égalité de traitement entre les citoyens sur l’ensemble d’un territoire. Aujourd’hui, avec la vision régionaliste, vous avez à nouveau une pensée qui s’imagine que les territoires pourraient presque s’auto-administrer. L’une de mes craintes, par exemple, concerne l’accès à l’énergie : j’entends des élus lyonnais qui veulent quasiment sortir du champ d’Électricité de France pour leur propre approvisionnement en énergie. Ils en ont les moyens et, s’ils mettent à jour leur projet, je m’interroge sur l’accès à l’énergie pour les habitants en zone rurale, dont je fais partie, qui n’ont pas la masse démographique suffisante pour se permettre cet accès autonome à l’énergie électrique. Ces forces, qui sont liées à la construction européenne autour de Bruxelles, veulent une Europe qui soit le couple Europe – Régions. L’histoire de France, avec nos Rois, est totalement différente, avec la construction, autour du souverain au départ, d’une structure de gouvernement, avec son administration, certes, mais aussi avec sa vision de la carte. C’est cette vision du territoire qui est en train de disparaître.

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