Après le "coup de grisou" : opportunités fortes.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 février 2016 (numéro 829) : “Les premiers résultats décryptés”. Bonne lecture !!!

Le recul assez fort de l’indice CAC40, qui a rendu plus de 900 points sur son plus haut de 2015, offre un certain nombre d’opportunités, notamment dans les valeurs qui sont cotées à la Bourse de Paris. Il y a des situations spéciales, il y a des valeurs « en retournement », il y a aussi des valeurs « de père de famille », qui ont subi de gros désengagements, et qui sont désormais de retour à des conditions intéressantes, pour une détention de deux à trois ans, guère davantage, afin de sortir, plus-value faite, poches pleines, dans d’excellentes conditions… surtout si le paysage fiscal vient à changer après 2017 (mais cela, c’est une autre histoire… vous en porterez la responsabilité si les programmes des élus ne sont pas à la hauteur, nous avons souvent été déçus).

La semaine dernière, nous avons fait un point complet sur les parapétrolières qui étaient à surveiller. Ce sont des titres intéressants, et, avec sa forte augmentation de capital, l’action CGG est revenue vers l’arrière, droits détachés, à 72 ou 73 centimes, c’est une belle opportunité, même si le plus bas n’est peut-être pas totalement atteint, il est évident que l’entreprise aura en poche l’argent lui permettant de passer le cap difficile, de durer jusqu’à fin 2017 ou début 2018, au moment de la reprise des valeurs pétrolières et parapétrolières. Il en est de même pour Vallourec, aux alentours de 4,50 euros, qui semblent avoir désormais touché un point assez bas pour qu’il ne soit plus renfoncé, il ne serait pas surprenant qu’un prédateur quelconque vienne à s’intéresser de nouveau à l’affaire, le groupe Bolloré a déjà donné dans le genre, il serait tout à fait en capacité de prendre sans aucune difficulté 10, 15 voire 20 % du capital de Vallourec… afin de miser sur le redressement futur, et de solidifier son actionnariat.

Si vous pensez que le recul des cours des actions du secteur financier et bancaire est une belle opportunité, vous avez tort. Bien sûr, les banques vont faire leur métier habituel : utiliser de la matraque sur le petit client, lui facturer toujours et davantage des frais, mais cela, cela n’aura qu’un temps, tout simplement parce que les banques, dans leur acception cotée habituelle (Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas…), ont des frais fixes aujourd’hui toujours très importants, avec un réseau pléthorique qu’elles vont devoir reformater, ce qui ne se fera pas sans coûts exceptionnels. Il y a des secteurs qui sont quand même très intéressants, où les valeurs avaient connu des sommets, et ont rendu du volume, avec une forte baisse de cours. C’est notamment le cas de l’aéronautique. L’avionneur américain Boeing a fait état, ce mercredi, de prévisions 2016 décevantes, bien que la performance de 2015 ait été meilleure que prévue. Cela faisait plusieurs années que Boeing enregistrait moins de commandes que son concurrent Airbus, du coup, la situation provisoire où Boeing a fabriqué et livré davantage d’avions que son concurrent européen va se terminer, et il est prévu de ne livrer que 740 à 745 appareils de l’aviation civile en 2016 contre un record de 762 en 2015. 


Airbus peut retrouver de l’intérêt.


Le constructeur aéronautique américain a beau monter toujours en puissance sur son 787 (au plus grand bénéfice de Latécoère, gros fournisseur de cet avion en particulier), les autres avions sont à la peine, dont notamment le 747-8, ou les 767 en version cargo, voire les 777, sans oublier le 737, qui se vend bien moins bien que les A320 et dérivés du concurrent européen. Airbus, pour sa part, va monter en puissance, avec 650 à 670 appareils qui seront livrés en 2016, peut-être même davantage vu l’urgence de la commande iranienne, qui vient d’être signée. Actuellement, Airbus produit et livre 42 avions de la gamme A320 (A319, A320 et A321), chaque mois, chiffre totalement égal à celui des 42 appareils de la famille 737 qui sortent des chaînes de Boeing chaque mois, mais les commandes moindres vont faire que, d’ici à mi-2019, Airbus sera à 60 exemplaires voire davantage, alors que Boeing va plafonner aux alentours de 50 appareils. La concurrence des C919 du chinois Comac et les C-Series du canadien Bombardier semble visiblement plus nuire à Boeing qu’à Airbus. Le titre Airbus est une sorte de « valeur de père de famille » qui avait formidablement monté, qui a rebaissé, et qui pourrait continuer à rebaisser un peu, ce qui donnerait une véritable opportunité intéressante, si le recul ramenait le cours de l’action Airbus quelque part entre 45 et 50 euros (nous sommes à 55-56 euros actuellement).

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