Un point complet sur les parapétrolières à surveiller.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 janvier 2016 (numéro 829) : “Après le coup de grisou : opportunités fortes”. Bonne lecture !!!

Il y a quelques mois de cela, dans une série d’études, j’avais averti sur la baisse à venir, encore plus profonde que ce qui s’était passé en 2015, pour le secteur pétrolier et parapétrolier. C’est fait ! CGG, qui valait alors entre 5 et 6 euros, est désormais, en pleine augmentation de capital (au prix de 0,66 euro l’unité et à raison de trois actions nouvelles pour une ancienne), à à peine plus de 0,80. Vallourec, qui n’a pas su résister sur le seuil des 8 euros, a enfoncé également le seuil des 6 euros… et se trouve, ce mercredi, largement en dessous de 5 euros, avec des volumes colossaux, qui prouvent que la panique est à bord, l’entreprise, leader mondial pourtant, ne vaut que 650 millions en Bourse. Bourbon, spécialiste de l’avitaillement, enclenche la baisse, après une longue période de résistance. Le titre Bourbon, qui valait encore une quinzaine d’euros à la fin de l’année 2015, est désormais largement sous les 13 euros, à un plus bas compris entre 12,50 et 12,70.

L’entreprise de la famille Chateauvieux (en direct et via Jaccar Holdings, 60 % du capital) a du mal à résister, désormais. Je rappelle que le groupe Bourbon est spécialisé dans les prestations de services maritimes, essentiellement dans les prestations de services pétroliers et offshore, à travers le support à la réalisation d’interventions sous-marines par robots, la stimulation de puits, l’ancrage d’appareils de forage, le ravitaillement des installations, le transport de personnels vers les sites, les prestations de sauvetage, les approvisionnements urgents en équipements… Bourbon avait connu une formidable croissance, passant d’un peu moins de 850 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 à 1,346 milliard en 2014, par le simple fait de l’augmentation de sa flotte, et du recentrage sur le pétrolier. 


Tout le secteur pétrolier est sur la sellette.


Le secteur pétrolier, et surtout le secteur parapétrolier, qui pâtit de la réduction des investissements, est aujourd’hui sur la sellette. Toutes les entreprises qui gravitent sont aujourd’hui impactées, il y a des rapprochements, il y a des fusions entre opérateurs, il y aura également des entreprises qui ne survivront pas. Il convient de regarder un peu plus large. Tout d’abord, le prix du pétrole est, ne l’oublions jamais, essentiellement un prix politique. La production est excédentaire depuis désormais deux ans, car les Etats-Unis ont décidé, en autorisant l’exploration puis la production de gaz et de pétrole de schiste, de redevenir indépendants par rapport aux différents fournisseurs traditionnels que sont le Mexique, le Venezuela, les pays du Moyen-Orient. La Chine, devenue le plus gros consommateur mondial de pétrole, a également un intérêt à l’abaissement des coûts de l’énergie, dont elle a de plus en plus besoin, mettant sur les routes 24 à 25 millions de véhicules nouveaux chaque année, qui consomment du carburant, essentiellement de l’essence.

Pour faire pression sur les prix du pétrole ainsi que sur ceux du gaz, la Chine a continué, contre le bon sens parfois, à exploiter au maximum ses propres mines de charbon et à en importer des quantités considérables, ce qui a eu pour conséquence un développement énorme de la pollution, l’essentiel de la production charbonnière étant utilisée pour faire de l’électricité. Les pays producteurs qui ne sont pas eux-mêmes consommateurs mais essentiellement exportateurs ont besoin d’un revenu important, car c’est souvent, sinon leur seule ressource, du moins la ressource essentielle. L’arrivée de la production de pétrole de schiste est un phénomène durable, mais, pour ce qui concerne les sables bitumineux, il y a un véritable effet de seuil car c’est une activité d’extraction polluante, coûteuse, et qui nécessite des cours supérieurs à 70 dollars (souvent même supérieurs à 80 dollars) le baril pour pouvoir être rentable pour les sociétés productrices, essentiellement canadiennes, avec des gisements importants également sur le plateau de l’Orénoque, au Venezuela. Pour simplement maintenir la production actuelle au rythme, il faut investir 450 milliards de dollars chaque année dans l’industrie pétrolière.

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