Notre-Dame-des-Landes : comment sortir de cette situation ?

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Christophe Priou, député LR de Loire-Atlantique : « Si Notre-Dame-des-Landes ne se réalise pas, aucune autre infrastructure ne se réalisera demain en France. »

Christophe Priou, député LR de Loire-Atlantique, est intervenu mardi 12 janvier à l’Assemblée nationale sur la question de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Alors que les premières procédures d’évacuation devraient commencer en février, la ville de Nantes a été bloquée samedi dernier, les manifestations se sont multipliées ces derniers jours en Loire-Atlantique, mais aussi dans d’autres grandes villes de France, et les fameux Zadistes occupent toujours le site de Notre-Dame-des-Landes. Ainsi, comme à Calais, il y a des territoires hors de la République, avec des routes paralysées, des pirates qui empêchent parfois le passage des automobilistes aux fins de les racketter, et des zones de non-droit en pleine campagne. Christophe Priou, député LR de Loire-Atlantique et conseiller régional des Pays de la Loire, fait le point sur cette affaire.


L’Hebdo-Bourseplus : Toute la France a vu dans les journaux télévisés une ville complètement paralysée, Nantes, et elle découvre ce que signifie une ZAD, Zone à défendre, avec un territoire bloqué par des gens qui l’occupent illégalement et d’autres légalement… N’est-ce pas une situation ubuesque en France au XXIe siècle ?

Christophe Priou : Oui, il y a plusieurs éléments dans ce dossier. D’abord nous sommes en état d’urgence, en état de guerre par rapport aux tragiques événements de novembre, et le week-end dernier sur Nantes il y a eu deux cas de figure qui ont été traités différemment. Par exemple, il y avait un match de football de Ligue 1, Nantes-Saint-Etienne, et les supporters de Saint-Étienne étaient interdits de voyage pour venir supporter leur équipe au titre de l’état d’urgence. Cela concernait à peu près 200 supporters. Dans le même temps, il y a eu une manifestation, avec plusieurs milliers de personnes, qui n’était ni autorisée ni interdite par la préfecture, ce qui est sans doute un cas de jurisprudence. Cette manifestation s’est déroulée dans l’axe du pont de Cheviré, qui est l’artère vitale de circulation de l’agglomération nantaise. Cette manifestation s’est déroulée et je vous rappelle que lors des deux premières manifestations, dans le centre de Nantes, il y a eu de nombreux actes de vandalisme avec des casseurs qui s’étaient infiltrés. Là, on aurait pu avoir à nouveau des bandes de casseurs ou un collectif de terroristes… Donc, sur ces deux événements, il y a eu deux traitements différents !

Aujourd’hui, par rapport au futur aéroport du Grand Ouest, il y a un certain nombre d’actions engagées par des gens qui sont contre, ce qui tout à fait légitime, mais chaque fois les recours ont été éconduits et nous sommes maintenant dans la phase où l’on peut démarrer les travaux. En plus, il y a des centaines de riverains qui habitent les communes avoisinantes et qui vivent depuis trop longtemps avec ces nuisances. Ces riverains ont été reçus par le nouveau président de la région, Bruno Retailleau, et parmi ces riverains il y a un certain nombre de personnes qui sont contre l’aéroport. Mais, la première chose qu’ils demandent, c’est que la zone soit évacuée, que la construction se fasse ou non. En ce qui concerne l’évacuation, il semblerait que le Premier ministre y soit favorable, mais cela ne peut pas se faire sans l’autorisation du président de la République, qui a une réponse beaucoup plus floue. Cela fait des années que cela traîne, ce qui génère un pourrissement de la situation qui fait que la sortie de crise sera de plus en plus difficile. C’est ce qui attire l’attention de toute la France aujourd’hui.

En plus, si le projet de Notre-Dame-des-Landes ne se réalise pas, aucune autre infrastructure ne se réalisera demain en France, puisque nous avons eu l’exemple du barrage de Sivens ou de l’autoroute reliant la Vendée à la région Poitou-Charentes. Le territoire sera donc ensuite totalement sous cloche. Non pas qu’il ne faille pas le protéger, mais il est nécessaire d’avoir un réseau routier de qualité, avec des aéroports et des lignes de TGV.

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