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Déceler les opportunités de son village pour favoriser l’implantation des commerces
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Croteau, maire de Crulai (Orne) : « Demain, les communes qui n’auront plus un commerce ou un médecin deviendront des lieux-dits. »
C’est malheureusement une tendance de fond : les commerces disparaissent progressivement dans de nombreux villages. Toutefois, ce n’est pas un phénomène inéluctable lorsque le maire de la commune arrive à déceler les opportunités locales pour favoriser l’implantation d’un commerce. C’est le cas à Crulai, une petite commune de moins de 1000 habitants, qui avait deux cafés et trois épiceries il y a seulement quelques années, alors qu’aujourd’hui il n’en reste plus qu’une petite… Son village étant situé au cœur d’un axe routier très passant, Philippe Croteau a donc décidé de créer des cellules commerciales, non plus au centre de la commune, mais au bord de l’axe routier, afin de favoriser le développement de la clientèle extérieure. Il nous explique sa démarche.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle a été votre réflexion pour créer un nouvel espace commercial à l’entrée de votre village ?
Philippe Croteau : Nous sommes une commune de 1000 habitants et nous avons toujours eu des commerces qui fonctionnaient bien, mais il y a eu des exploitants qui ont eu des difficultés. Il y a une règle : dans le commerce, ce n’est pas les 35 heures ! Dans notre nouveau commerce, nous allons faire très attention au parcours professionnel des personnes qui vont postuler. Nous sommes sur un axe routier important, L’Aigle - Nogent-le-Rotrou et L’Aigle –Mortagne-au-Perche, c’est aussi l’axe qui va rejoindre la Nationale 12 pour remonter sur Paris. En plus, nous avons une boulangerie-pâtisserie qui fonctionne très bien, avec des clients qui viennent de loin. Nous avions un bâtiment qui était un peu à l’abandon. Il avait été racheté par la précédente municipalité et nous avons décidé de le faire raser pour, en lieu et place, remonter un bâtiment de la même superficie avec une supérette, un bar, une brasserie et un restaurant le week-end. Nous avons une agence postale sur la commune et nous allons la ramener également dans cet axe principal.
Beaucoup de maires ruraux observent que les gens se plaignent quand le commerce du village disparaît, tandis que s’il est ouvert, les habitants vont faire leurs courses dans les grandes surfaces… Comment allez-vous convaincre vos administrés de jouer le jeu des commerçants locaux ?
On sait très bien que les gens n’iront pas faire la majorité de leurs achats dans cette supérette. Mais une supérette peut très bien vivre sans vendre tous les produits nécessaires au quotidien des ménages : on peut être sur de l’achat de dépannage et surtout de l’achat de passage. J’ajoute qu’il y a une attente forte de la part des personnes âgées. Une commune a l’obligation, surtout pour exister et se développer, d’apporter des services à sa population : par exemple, je suis en train de travailler sur l’ouverture d’un cabinet médical à la place de l’agence postale actuelle.
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