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2016, annus horribilis ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Rarement, une année boursière n’aura démarré avec autant de faiblesses. Tous les marchés boursiers sont concernés, sans aucune exception. C’est clairement la bulle spéculative qui se dégonfle après plusieurs années de sur-gonflement à coups de traitements monétaires et d’injections massives d’argent issu trop souvent de nulle part. C’est particulièrement le cas en France où on s’est vraiment endormis dans l’attente d’une embellie, qui … a déjà eu lieu ! Et oui, les 5.000 points de novembre, comme les 5.200 points de début août et les quasi 5.300 points du mois d’avril 2015 sont déjà de lointains souvenirs. Ceux qui avaient acheté à ces niveaux-là peuvent se mordre les doigts d’avoir cru que les actions iraient beaucoup plus haut. Georges Clemenceau ne disait-il pas que « le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier. » ? Les investisseurs, les gérants et les intervenants sur les marchés dérivés attendaient tous une nouvelle forte hausse des marchés car tout le Monde s’était persuadé que les « QE » machin-truc allaient provoquer tôt ou tard une forte reprise économique. Les politiques et les responsables des banques centrales s’y sont laissés prendre à ces pseudo solutions de facilité de paresseux.
Aujourd’hui, le tissu économique réel est dans un tel état de délabrement psychologique et matériel qu’aucune croissance durable ne pourrait bâtir ses fondements dessus. L’excès des prélèvements obligatoires et des formalismes étatiques et sociaux ont peu à peu fini par épuiser puis par décourager les plus téméraires des entrepreneurs. Sans eux, point d’emploi durables et point d’augmentation des revenus pour la masse des travailleurs, y compris à terme, pour l’État lui-même. Car, tout le Monde le répète depuis la grande crise de 1929, trop d’impôt tue l’impôt. Pourtant, nos gouvernants continuent d’augmenter les prélèvements année après année. Tous les commerçants et tous les artisans voient leurs situations se dégrader année après année. De quelle croissance parle-t-on ? Même au niveau de nos grandes multinationales cotées dont on est souvent actionnaire, ce n’est que grâce aux gains issus de l’étranger qu’elles sont en mesure de distribuer des dividendes. A force, celles-ci finiraient un jour par ne plus battre pavillon français car l’écrasante majorité de leurs actionnariats est étrangère. En attendant, la baisse continue de l’euro, grâce à ces ânes de la BCE et à nos politiques qui s’en accommodent à tort, ne peut qu’accentuer cette tendance.
Comme je l’écrivais depuis le début, tout cet argent des « QE » n’aura servi qu’à gonfler la bulle spéculative qui commence à éclater. L’économie réelle n’en aura jamais vu la couleur ! Du point de vue technique, un test crucial est sur le point de se faire sur le Cac 40 au niveau de la ligne de support du canal de tendance haussier majeur, passant actuellement autour de 4.400 points. En cas de cassure, on aurait la confirmation technique que le marché actuel est déjà un marché baissier à long terme, comme cela a été le cas au Japon à partir de 1.990. Seul un rebond sur ce niveau pourrait encore entretenir l’illusion d’un retour d’une hausse qui, dans le meilleur des cas, ne saurait durer que quelques mois supplémentaires. Prudence donc !
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