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2016 : l’année sera très agitée, mais intéressante.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 15 janvier 2016 (numéro 826) : “Notre sélection des meilleures valeurs de rendement”. Bonne lecture !!!
Avec beaucoup d’humour, le site usinenouvelle.com a, il y a quelques jours, présenté, fin décembre, une sorte d’« horoscope », sur chacun des secteurs d’activité. L’article était distrayant, mais le fond est tout à fait vrai, il ne s’agit pas de prévisions fantaisistes. Il est tout à fait effectif que, avec une moyenne d’âge du parc qui est remontée à plus de neuf ans, le marché européen de l’industrie automobile va repartir encore plus fortement en 2016 qu’en 2015, et, par ailleurs, il y aura au pire une stabilisation du marché chinois, à un niveau très élevé, puisqu’il reste le premier débouché mondial, avec encore du potentiel « sous la pédale », puisqu’il se vend autant de véhicules en Chine actuellement qu’en Amérique du Nord alors que, en Amérique du Nord, la population est quatre fois moindre. La bonne vieille industrie automobile avait été enterrée prématurément, lors de la crise de 2008-2009. En 2007, il s’était vendu 2,52 millions de véhicules légers (VP + VUL), en 2014, le chiffre est remonté à 2,3 millions.
Un enterrement très prématuré.
Bien sûr, on regrettera que le bon vieux temps des Renault 5 où la petite de chez Renault faisait 15 % du marché français, avec une marque à presque 40 %. Ceci dit, à l’époque, Renault ne gagnait pas d’argent sur sa petite voiture, ce qui était quand même tout à fait un comble. Aujourd’hui, si la Clio (version break comprise), réalise 5,7 % du marché français, elle est rentable, et, en additionnant le Captur (quatrième meilleure vente du marché), Renault est aujourd’hui avec une très belle rentabilité sur le segment B, avec un prix moyen du véhicule vendu qui est très largement supérieur à ce qui fut constaté dans le passé. Chez PSA, le couple 208-2008 est également en pointe, avec respectivement une place de numéro 2 en France pour la 208 et de numéro 5 pour la 2008. Peugeot a délibérément choisi de ne pas sortir de version break de sa 208, au contraire des 207, afin de ne pas pénaliser le lancement de son véhicule 2008, plus spécifique, mais quand on regarde le cumul des ventes, ce n’est pas une mauvaise décision.
Près d’un cinquième des acheteurs de 208 choisissent les finitions les plus élevées (Féline ou GT Line), dont le tarif démarre à 20.000 euros… Si l’on ajoute les GTi… on voit bien à quel point le marché a changé par rapport à ce qu’il était il y a une dizaine d’années, et encore plus par rapport à ce qu’il était il y a vingt ou trente ans. Sans véritable lancement, juste un restylage de la face avant et des petites modifications cosmétiques, notamment sur les motorisations, la nouvelle marque DS a su inverser, en passant du premier semestre au deuxième semestre, une tendance à l’effritement de ses ventes. Les premières véritables DS vont arriver sur les marchés européens en 2017 ou en 2018, avec le remplacement de la DS 3, et le lancement de nouveaux modèles, dont un petit Crossover. A terme, le groupe PSA semble bien parti pour créer sa marque, sinon de luxe, au moins « premium », une concurrente de Audi, BMW et Mercedes.
Toute l’Europe du Sud est repartie.