L’inventeur du contenu vidéo enrichi lève 2 millions d’euros

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cristian Livadiotti, cofondateur de Wildmoka : « Permettre à l’audience de se partager sur les réseaux sociaux. »

La jeune pousse niçoise Wildmoka a mis au point une technologie unique au monde d’enrichissement d’un contenu vidéo. Lorsque vous regardez une bande vidéo sur Internet, ou une émission en direct, le logiciel vous permet de sélectionner, découper et partager des extraits, et de créer une sorte de zapping des meilleurs moments. Concrètement, Wildmoka propose aux mass médias des solutions pour capturer et valoriser les moments-clés des directs, promouvoir leurs contenus sur les réseaux sociaux et monétiser leurs archives. Avec des déploiements pour de grands comptes, tels que Canal+ en France et AT&T aux États-Unis, ainsi que des partenariats avec Microsoft, Tech Mahindra et Advans Group, Wildmoka s’est rapidement imposée comme leader dans son domaine. L’entreprise annonce aujourd’hui une levée de fonds de 2 millions d’euros. Forte de ses premiers succès technologiques et commerciaux, Wildmoka va ainsi pouvoir accélérer sa stratégie ambitieuse de développement à l’international, en particulier aux États-Unis. Cristian Livadiotti, cofondateur de Wildmoka, nous présente sa technologie.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous n’êtes pas une sorte YouTube des professionnels de la télévision. Votre métier consiste à héberger des contenus et à leur redonner vie différemment. Concrètement, que proposez-vous ?

Christian Livadiotti : C’est exactement cela. Nous sommes une plate-forme de Cloud, mais la différence avec un YouTube, c’est que nous n’avons pas notre propre marque et nous opérons en marque blanche pour nos clients. L’objectif est de redonner vie aux contenus de nos clients qui sont des ayants droit, mais au sein de leurs propres plates-formes, pour leur permettre de défendre leurs marques dans le domaine du numérique. Nos clients sont les grandes chaînes de télévision traditionnelles qui, aujourd’hui, occupent bien l’espace télévisuel, mais peinent à trouver une place dans le numérique. Notre plate-forme vise donc à créer des contenus beaucoup plus interactifs pour permettre à nos clients de se créer une marque dans le domaine du numérique.


Quels sont les exemples de réutilisation de contenus ?

Notre première solution permet à une chaîne de télévision de capturer et de monétiser le trafic social lié à son contenu. Il y a énormément de trafic social relatif au contenu d’une chaîne de télévision, mais c’est quelque chose qui lui échappe complètement. Notre solution entend permettre à l’audience de se partager sur les réseaux sociaux, tout en faisant en sorte que le propriétaire du contenu puisse en bénéficier. Nous faisons cela avec Canal+ pour «l’Instant Canal» et nous le faisons également avec D8 et NRJ 12. Ce n’est pas du streaming, c’est un outil de découpe qui permet à l’internaute de découper un moment d’audience et de le partager avec ses amis. Par exemple, sur le site de Canal+, on a la capacité de regarder une émission et de découper un bout qui nous a fait réagir, pour l’envoyer sur Facebook ou Twitter. Nous proposons aussi cela sur le sport, tout en sachant qu’il y a encore plus de contraintes de droits, mais ce sont des contraintes qui évoluent. Nous proposons aussi un outil d’assemblage, c’est-à-dire comment créer sa propre vidéo à partir de contenus d’archives, et c’est cette technologie que nous avons mise au bénéfice de Canal+ pour ses trente ans. Nous avons pu insérer les meilleurs moments des trente ans de Canal+. C’est un contenu qui a une certaine valeur sentimentale pour le public, mais qui n’a plus réellement une valeur financière. Nous avons fait la même chose avec le rugby pour TF1, en diffusant sur la plate-forme les meilleurs moments des archives de rugby, afin de permettre aux internautes de sélectionner des joueurs, des équipes ou des actions.

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