Une ordonnance du tribunal pour faire retirer une croix du mur d’une salle de mairie !

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Gérard Pouillaude, maire de Bancourt (Pas-de-Calais) : « Je préfère toujours quelqu’un qui croit en Dieu, à un athée qui ne croit en rien. »

Gérard Pouillaude, 76 ans, est maire de Bancourt, un village de 80 habitants situé dans le département du Pas-de-Calais. Cet agriculteur est élu depuis 1982 et il en est à son sixième mandat. Or, il vient d’avoir une immense peine en étant contraint de décrocher la croix apposée sur un mur de sa mairie, alors qu’elle était présente depuis 1926… À l’origine, la requête de deux personnes invoquant la laïcité, qui n’a pas été prise en compte par Gérard Pouillaude. Mais leur plainte est allée jusqu’au tribunal administratif et le premier magistrat de la commune a été obligé de se conformer à l’ordonnance du tribunal. Cette affaire passe mal dans le village à trois semaines de Noël. La grande majorité de la population soutient son maire, qui a bien l’intention de remettre la croix dans sa mairie. Mais dans une vitrine, car ce serait autorisé dans ce cas… Les habitants sont remontés contre les juges et les deux plaignants : « Ils ont peut-être gagné sur terre mais, après, ce n’est pas certain…» confie une villageoise. Gérard Pouillaude nous répond avec son bon sens paysan.


L’Hebdo-Bourseplus : Cette croix ne posait aucun problème à quiconque depuis 1926, mais on vous a ordonné de la retirer… Comment en est-on arrivé là ?

Gérard Pouillaude : C’est un débat qui est revenu avec les événements actuels, les gens ont peur. On me fait retirer la croix et, dans dix ans, on mettra peut-être un croissant à la place ! L’affaire remonte au mois de septembre. J’ai reçu un courrier en recommandé, ensuite une convocation au tribunal administratif, pour retirer cette croix qui se trouve dans la salle de la mairie. Alors, je viens de le faire, avec mes conseillers, mais j’ai d’abord voulu attendre l’ordonnance du tribunal.


Vous évoquez l’islam, or ce ne sont pas des musulmans qui ont réclamé le retrait de la croix, mais des laïcards d’extrême gauche…

Sur les deux plaignants, il y en a un qui ne vote même pas à Bancourt ! J’ai déjà reçu de nombreux appels téléphoniques de soutien. J’ai même eu un avocat, Arthur de Dieuleveult, du 17e arrondissement parisien. Il m’a expliqué que l’on pouvait quand même mettre une croix ou des reliques dans une mairie, à condition que ce soit dans une vitrine. L’État accepte une vitrine sous verre dans les mairies pour mettre des reliques et ce que l’on veut… Donc, la croix ne trône pas face à l’entrée. On verra bien ! Mais cela me fait de la peine car en Angleterre ou aux États-Unis, il y a des croix partout. Bon, on sait que c’est interdit depuis la loi de 1905 en France. Mais quand le maréchal Pétain a pris le pouvoir en 1940, il a rendu les monastères au clergé.

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