Peugeot va passer la surmultipliée en 2016, 2017 et 2018.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 décembre (numéro 822) : “Optimisation fiscale : se méfier des abus de droit”. Bonne lecture !!!
Le plan « Back in the race », lancé en avril 2014, c’est terminé ! Non pas que Peugeot-Citroën renonce à ses engagements… Si le plan est terminé, c’est que, avec trois ans d’avance, ce plan de redressement des comptes qui prévoyait une échéance en 2018 est aujourd’hui dépassé, ses objectifs sont d’ores et déjà atteints, tout est dans la caisse… Le groupe passe à autre chose, il passe au développement, il passe à l’expansion internationale. Dès la fin de l’année 2015, on peut dire que le groupe PSA est de nouveau de retour dans la course (traduction de « back in the race »). Il est de retour dans la course et il va, très vraisemblablement, à la fin de 2015-2016 ou au plus tard au début du printemps 2016, présenter un nouveau plan, plus ambitieux, même s’il s’appuiera toujours sur ce qui avait été présenté au mois d’avril de l’année 2014, lors de la recapitalisation, lors de l’arrivée de l’Etat et du chinois DongFeng. Financièrement, le groupe n’a plus du tout besoin de l’Etat, et l’Etat pourra sortir, avec une colossale plus-value, en criant qu’il a contribué au redressement d’un grand groupe industriel… alors qu’il a tout simplement fait un coup de Bourse. Le groupe avait eu besoin de l’Etat français du fait de l’impossibilité qu’il avait, après la dégradation de sa notation, de se refinancer sur les marchés financiers. La garantie étatique pour quelques petits emprunts de la banque PSA Finance a été très onéreuse, tellement onéreuse que Bruxelles n’y a pas vu d’inconvénients, et a donné son coup de tampon, à l’époque.
PSA s’est affranchi... financièrement.
Le groupe n’en a plus besoin puisque, pour 70 à 80 % des volumes vendus en Europe, il est désormais associé à 50-50 avec l’espagnol Banco Santander. Banco Santander fournit les liquidités, PSA récupère les fonds propres qui étaient affectés à ces opérations de financement… et Banque PSA Finance, grâce au livret Distingo a récupéré auprès de l’épargne française, allemande et autrichienne des sommes significatives, sous forme de dépôts de la clientèle, lui permettant d’être définitivement à l’abri des financements bancaires, ou obligataires. Quand on sait qu’une voiture sur deux est vendue à des flottes (sous forme de location-vente souvent) et que plus de la moitié des ventes de voitures à des particuliers, qui concernent le solde, sont également financées par des crédits, qu’il s’agisse des crédits aux concessionnaires pour supporter les stocks ou qu’il s’agisse du crédit au client final, le problème d’argent aurait pu être mortel. Etant sorti de ses soucis bassement pécuniaires, le groupe PSA, totalement recapitalisé, doté d’un véritable trésor de guerre, d’une trésorerie désormais assez proche du pléthorique, peut songer à la fois aux produits, à l’investissement dans les moteurs, dans les boîtes de vitesses, dans des plates-formes nouvelles… mais aussi penser à la diversification de sa base internationale, au-delà de l’Amérique du Sud, et de la Chine. Le groupe PSA fait feu de tout bois, et a repris, semble-t-il sa stratégie de multiples alliances. Cela se voit dans un petit véhicule qui vient d’être présenté, et qui sera commercialisé d’ici à quelques semaines. Il s’agit de la e-Méhari, un véhicule entièrement électrique, qui provient d’une collaboration avec le groupe français Bolloré, qui en fournit les batteries, similaires à celles des BlueCar, véhicule assez connu puisque circulant dans Paris dans le réseau autolib’. Ce véhicule n’a pas vocation à faire de gros volumes. En revanche, cela a vocation à faire parler de la marque Citroën, et la campagne publicitaire, en ce début du mois de décembre, est particulièrement impressionnante vu l’ambition commerciale de cette voiture. Dans un premier temps, l’usine de Rennes la Janais va fabriquer cinq exemplaires par jour, la capacité installée permet de monter jusqu’à quinze exemplaires par jour. Cela ne fait pas grand-chose, au mieux 3.500 à 4.000 unités par an.
Citroën va peaufiner son image.
C’est un véhicule qui a été très simple à concevoir, puisqu’il s’agit d’une carrosserie thermoformée, un peu à l’instar des premières générations d’Espace, qui ne souffrira donc pas de la corrosion, ne nécessite pas d’entretien de peinture et pourra résister aux petits accrochages, grâce à son élasticité. Un simple jet d’eau permet de la laver tout entière, intérieur et extérieur… On ouvre un petit trou pour l’écoulement de l’eau qui sera sur le sol. Les quatre vraies places sont revêtues de tissu lavable… c’est du pratique, c’est du ludique, et l’autonomie de 200 km devrait largement suffire pour les clients de cette voiture qui sera présentée aux alentours de 24.000 euros (hors bonus). Une fois déduit le bonus accordé pour les véhicules électriques, le prix d’achat se situera entre 14.000 et 17.700 euros… C’est tout à fait abordable pour le bourgeois bohème, qui veut avoir un véhicule ludique dans sa résidence secondaire, afin de frimer sur les bords de plage voire tout simplement aller faire ses courses en ville. Pour Citroën, la e-Méhari est une nouveauté d’image, pas de volumes. En revanche, le plus important, pour l’année 2016, ce sera le lancement de la nouvelle C4, en fin d’année, sur une base de Peugeot 308 de deuxième génération, et, ne l’oublions pas, l’arrivée des nouvelles fourgonnettes, les Citroën Space Tourer, qui seront les cousines des Toyota Proace et des Peugeot Traveller, remplaçant les anciennes Peugeot Expert et Citroën Jumpy.
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