Une demande de plus en plus forte des entreprises pour des freelances

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cyril Trouiller, directeur général de Freelance.com : « Notre objectif est d’aller prospecter et d’aller gagner des clients hors de nos zones de confort que sont les télécommunications et la communication. »

Freelance.com est un groupe de services spécialisé dans les prestations intellectuelles de haut niveau réalisées par des consultants indépendants. Lancée en juillet 2011, l’offre met en relation directe, via une place de marché automatisée, les donneurs d’ordres et les consultants dans l’économie anglophone et francophone au plan mondial. Cette offre est plus particulièrement ciblée sur les ETI, PME et TPE. Le groupe a réalisé au 3e trimestre 2015 un chiffre d’affaires consolidé de 8,4 millions, en repli de 16% par rapport au 3e trimestre 2014. À l’issue des neuf premiers mois de l’exercice 2015, le chiffre d’affaires de Freelance.com s’établit à 27 millions, contre 32,5 millions un an plus tôt. Le groupe précise : «En Freelancing, la tendance du 3e trimestre s’inscrit dans le sillage des trimestres précédents, avec un recul de - 23% du chiffre d’affaires trimestriel (- 25% au 2e trimestre et - 27% au 1er trimestre). En France, l’activité continue d’être fortement impactée par le ralentissement des prestations dans le secteur des télécoms, conséquence du mouvement de concentration et des plans d’économies menés. À l’inverse, l’activité marocaine de freelancing (13% du total du pôle Freelancing) s’inscrit en croissance de + 12% sur le trimestre et de + 18% depuis le début de l’année». Cyril Trouiller, qui a repris la direction de Freelance.com avec Claude Tempe, fait le point sur les activités et les projets du groupe.


L’Hebdo-Bourseplus : Les prestations des freelances que vous hébergez se situent essentiellement dans le domaine informatique, c’est l’image que vous avez depuis des années. Votre offre s’est elle élargie ?

Cyril Trouiller : Oui, mais nous faisons uniquement de la prestation intellectuelle, nous ne faisons pas d’intérim ou de prestations manuelles. Il y a évidemment beaucoup d’informatique, qui compte pour la moitié de notre activité, mais il y a aussi pas mal de communication, de marketing, de formation ou de coaching. À l’origine, nous étions dans les métiers de l’informatique, parce que c’étaient plutôt des informaticiens qui mettaient leur CV sur Internet pour rechercher des missions. C’était l’origine de la plate-forme, mais tout cela s’est fortement démocratisé en s’ouvrant à d’autres métiers.


Dans vos derniers résultats, vous annoncez une baisse de votre activité au cours de ces derniers mois. Comment l’analysez-vous, alors que l’on pouvait penser qu’avec la crise, les entreprises feraient davantage appel à des prestataires extérieurs ?

On constate justement une hausse de la demande et des demandes de prestations. C’est lié à la déréglementation autour du travail salarié traditionnel. Par exemple, il y a une nouvelle ordonnance sur le portage salarial qui est sortie cette année. Nous sommes en forte hausse sur ces métiers. Malheureusement, nous avons dû subir de fortes baisses dans le monde des télécommunications, alors que ce sont des secteurs dans lesquels nous avions beaucoup de travail. La hausse sur les autres métiers n’a pas pu compenser cette baisse dans le secteur des télécommunications. Nous sommes en hausse de 15 à 20% sur les métiers traditionnels. Or, sur les télécommunications, nous avons un compte en particulier - il est connu, il vient même d’être élu plus mauvais payeur de France - où nous avons dû déplorer une sortie complète de tous nos freelances. Mais c’est le cas de beaucoup de SSII aussi avec ce même opérateur… Grâce à nos autres activités, nous allons arriver à passer le creux de la vague. Mais c’est dommage, parce que cela masque la bonne performance globale du reste de l’entreprise.

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