Les prix d’IKEA, la qualité d’Habitat, c’est Miliboo...

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Guillaume Lachenal, fondateur de Miliboo : « Nous traitons directement avec l’usine pour la fabrication du meuble et nous vendons le meuble directement à notre client. »

Miliboo, marque française de meubles sur Internet, s’introduit en bourse avec l’objectif de lever 8 à 9,2 millions d’euros. Il suffit d’aller faire un tour sur le site de Miliboo pour constater que la marque propose des meubles très bien dessinés, qui rappellent ceux proposés par IKEA ou Habitat, avec des prix très compétitifs. Fondé en 2005 par Guillaume Lachenal, actuel PDG, Miliboo est un distributeur en ligne de meubles. Ses 2500 références, dont la fabrication est sous-traitée en Asie et en Europe de l’Est, sont vendues sur le propre site Internet de la société (84% de l’activité) ainsi que sur des places de marché comme Cdiscount ou Rue du Commerce (16%). Outre sa présence historique en France, Miliboo opère dans sept autres pays européens, comptant pour 15% de ses revenus. Au cours de l’exercice à fin avril dernier, son chiffre d’affaires de 14,2 millions d’euros a affiché une progression de 37,7%, proche du rythme de croissance observé depuis 2011 (+ 45%). Toutefois, le poids des frais généraux, les investissements dans le marketing, le déménagement du siège social et les dépenses liées à l’ouverture d’une première boutique à Paris ont maintenu les comptes dans le rouge. La perte nette ressort à 0,87 million d’euros à fin avril et cumule 1,5 million sur les trois derniers exercices (l’exercice à fin avril 2014 était toutefois à l’équilibre financier). Cet entretien avec Guillaume Lachenal, PDG de Miliboo, vise à en savoir plus sur le marché du meuble sur Internet et le positionnement de cette jeune marque française sur ce secteur. Il ne s’agit donc aucunement d’une recommandation directe ou indirecte de L’Hebdo-Bourseplus la semaine de l’introduction en bourse de Miliboo. 



L’Hebdo-Bourseplus : Vous concevez des meubles, vous les fabriquez et vous les vendez en ligne. Est-ce, en résumé, votre métier ?

Guillaume Lachenal : C’est bien cela, sauf pour la fabrication, puisque nous travaillons avec des partenaires. Nous fabriquons en Asie et en Europe de l’Est, majoritairement en Asie, parce que c’est la structure du marché du meuble dans le monde. Mais nous avons nos propres designers et notre propre atelier de prototypage à Annecy. Ensuite, nous confions l’industrialisation à une usine partenaire et c’est notre équipe de contrôle qualité qui suit la fabrication des produits. Notre point fort, c’est que tous les produits sont disponibles en stock, toute commande passée avant 15 heures est expédiée le jour même et la livraison se fait sous 24 à 72 heures en France par le circuit traditionnel.


Vous commencez à avoir un modèle de développement via des boutiques physiques. Vous venez d’en ouvrir une à Paris, où en êtes-vous ?

Nous sommes vraiment sur un concept omnicanal. Nous ne sommes pas en train d’avoir d’un côté la vente en ligne et, de l’autre, la vente en points de vente physiques. Chez nous tout est fusionné, il y a simplement différents supports de vente, comme le téléphone, la tablette, l’ordinateur ou la boutique… La partie commerciale est totalement fusionnée. Si vous mettez un produit sur votre téléphone, vous le retrouvez sur votre ordinateur, mais vous le retrouvez aussi en boutique. La partie boutique fonctionne extrêmement bien. C’est un vrai succès. Nous avons majoritairement du trafic en provenance du site Internet. Cela veut dire que depuis le site Internet, on peut arriver à piloter le trafic en magasin. Donc, la stratégie d’ouverture des points de vente physiques est conditionnée par cela. On a compris que sur une zone géographique donnée, à partir d’un certain seuil de trafic Internet, on pouvait ouvrir un point de vente physique, c’est-à-dire une boutique connectée, et générer dès le départ le trafic en magasin permettant de le rentabiliser. Nous n’avons pas vocation à ouvrir des réseaux de magasins physiques. L’idée du point de vente physique, c’est de venir en appui de la partie commerce en ligne, toujours dans un contexte digital. Nous avons donc pour ambition d’ouvrir quelques Milibootik, de l’ordre d’une ou deux par an, mais pas plus.

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