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Trop cher ou bon marché ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
L’indice Cac 40 continue de consolider dans la zone de « trading-range » située entre 4.750 et 5.000 points, située de part et d’autre de la MM200, actuellement à 4.889 points. Toutes les tentatives d’en sortir, que ce soit par le haut ou pas le bas, se sont soldées par un échec jusqu’à présent. Cette situation d’équilibre traduit un consensus de marché à mi-chemin entre le trop cher (5.286 points ?) et le trop bon marché (4.230 points). Il s’agit respectivement du plus haut et du plus bas annuels d’avril et août 2015. L’enjeu à présent pour les investisseurs et encore plus pour les gérants est de connaître son niveau au 31 décembre, car ce sont les derniers cours de l’année qui figureront dans la valeur du portefeuille ou de la Sicav que recevra le client final. Quand on y regarde de plus près, parfois quelques heures de cotations peuvent décider d’un bon ou d’un mauvais cru sur l’ensemble de l’année, tellement les écarts sont devenus considérables en ces périodes de haute volatilité. Pour le moment, les niveaux des indices boursiers semblent convenir à tout le Monde, ce qui devrait favoriser le relatif status-quo actuel à 150 points d’indice près. Ce que l’on retiendra surtout, c’est que les hausses restent fragiles au-delà des 5.000 points alors que les niveaux des croissances économiques restent faibles, hormis aux États-Unis. La concurrence « positive » des marchés obligataires où les taux y sont quasiment nuls, voire négatifs pour les échéances rapprochées, joue incontestablement un rôle majeur dans la formation des cours boursiers.
Le renforcement du « pouvoir d’achat » sur l’Europe des investisseurs de la zone dollar, qui à cours constants en euros, voient les actions baisser après leur conversion en dollars. Il serait dangereux de ne pas intégrer au moins ces deux facteurs dans le processus de décision vis-à-vis des marchés. La première question à se poser est combien de temps ces facteurs pourraient-ils persister et le cas échéant, que se passerait-il en cas d’inversion de leur tendances respectives ? La question pourrait par ailleurs se poser en amont, au niveau de la politique monétaire de la BCE. Il est généralement admis sur les marchés actuellement que cette dernière devrait encore faire baisser ses taux directeurs au début du mois de décembre du petit « chouïa » qui les sépare encore du zéro absolu. Elle devrait par ailleurs augmenter sensiblement les montants alloués aux rachats d’actifs de dette sur les marchés. En gros, je (Mario Draghi) continue à alimenter la bulle spéculative à coups de planche à billets de peur qu’elle n’éclate avant le retour de la croissance qui d’ailleurs ne montre toujours pas le bout de son nez ! A un moment ou à un autre, les nouvelles injections ne devraient plus produite d’effets sur les marchés alors que les effets indésirables à long terme sur l’économie réelle ne feraient que se renforcer. Il faut donc rester prudent face aux effets euphorisants à court terme. Techniquement, on surveillera la sortie éventuelle du range actuel. Si c’est par le haut, il faudrait alors s’attendre à un assaut de dernière minute sur les plus hauts annuels. Dans ce le cas inverse, les ventes pourraient s’accélérer lorsque les gros intervenants comprendraient qu’il n’y arait plus de potentiel haussier supplémentaire à attendre.
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