Le moment est venu de dire ce que j’ai vu.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

L’année 2014 s’était achevée avec un record de ventes pour le livre d’Éric Zemmour et 2015 va se terminer avec le succès considérable de celui de Philippe de Villiers, numéro un des ventes en librairie pour son ouvrage intitulé «Le moment est venu de dire ce que j’ai vu». Philippe de Villiers est le fondateur du Puy du Fou, président du Mouvement pour la France, ancien député européen et ancien candidat à l’élection présidentielle en 1995 et 2007. Ce livre est incroyable ! Chaque page est un choc et l’on n’en tourne aucune sans avoir une révélation. Philippe de Villiers souligne que «la situation est très grave, la France peut mourir. Je pense que la France est en train de mourir et, s’il n’y a pas un gigantesque sursaut, la France glissera définitivement dans l’abîme. Elle est submergée de l’extérieur et effondrée de l’intérieur. Submergée de l’extérieur, parce que l’on a transféré notre souveraineté. J’ai entendu Monsieur Hollande dire : «On va faire ceci, on va faire cela…»

Mais il sait très bien qu’il ment, puisqu’il n’a plus de pouvoir. Quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, il ne peut plus rien faire pour nous. On a transféré la souveraineté et on n’a plus aucun pouvoir. On est un protectorat américain. La France est submergée de l’extérieur, puisqu’elle fait face à une invasion migratoire. Les gens qui viennent chez nous sont envoyés par l’État islamique, qui - c’est la vérité - nous avait promis en février dernier de nous envoyer ces gens. C’était annoncé. On a devant nous des envahisseurs. Il n’y a pas de chrétiens parmi ces gens-là. Les chrétiens restent chez eux… Ceux qui sont encore vivants restent chez eux. Ils veulent rester chez eux, parce qu’ils sont chez eux depuis deux mille ans en Orient. La France est effondrée de l’intérieur. Soljenitsyne m’avait dit un jour : «Ce qui a sauvé les pays de l’Europe orientale, et la Russie elle-même, c’est que les pays d’Europe orientale avaient transféré leur souveraineté, ce que l’on appelait la souveraineté limitée de Brejnev, mais ils avaient gardé leur identité. Donc ils ont sauvé leur âme.» Quand ils ont récupéré leur souveraineté, ils ont pu restaurer leur pays, parce qu’il y avait encore l’âme d’un peuple, celle de la Pologne, de la Hongrie… Dans notre cas, ce n’est pas la même chose. On a des BHL de service, des Attali et consorts qui expliquent que la France est une tache ignominieuse sur la carte des points précieux de la planète. En même temps, on interdit aux jeunes Français de connaître la France et de l’aimer. Donc, un pays qui n’a plus de contours et plus de compteurs ne reste plus et meurt. Les hommes politiques ont abattu les murs porteurs comme le caractère sacré de la vie, la filiation comme repère, la nation comme héritage, la frontière comme ancrage et le rêve français comme fenêtre sur le monde».

Philippe de Villiers revient sur Maastricht, avec l’anéantissement du politique, un contrôle planétaire et un aréopage de commissaires européens qui nous gouvernent. Malheureusement, pour lui, le souverainisme politique est mort : «Je dis que tous ceux qui ont dit la vérité, par-delà leurs défauts ou leurs défaillances, et qui étaient peu ou prou souverainistes, c’est-à-dire qui pensaient que la France ne pouvait rien faire par elle-même si elle ne le faisait pas elle-même, sont partis ou sont morts. Ceux qui restent et qui sont au premier plan sont tous des tricheurs et des menteurs. Par exemple, sur Maastricht - un événement que vous avez bien connu - en face de nous, il y avait des gens qui disaient : « Voilà, on va faire un super État. » Nous répondions que l’on ne voulait pas d’un super État… On s’est planté ! En face, ils mentaient, ils ne voulaient pas d’un super Etat. Ils faisaient croire qu’ils voulaient un super Etat et les gens disaient : «Un super État, c’est un État super !» Donc, ils votaient pour Maastricht. Mais en réalité, ceux qui gouvernaient Maastricht voulaient supprimer les nations et les frontières, non pas pour les remplacer par une super frontière ou par une superpuissance, mais pour fondre et diluer l’espace européen dans un grand marché planétaire avec une gouvernance mondiale».

Philippe de Villiers dresse des portraits de nos hommes politiques, Nicolas Sarkozy est présenté comme le «lapin tambour », Jacques Chirac n’a aucune conviction car, pour lui, les idées ont quelque chose de pathologique, ou Giscard, une sorte de Kennedy qui avait peur d’un autre mai 68 et dont l’objectif était de sortir la France de l’histoire… Chirac retient notre attention : «Quand il était à Paris, il était de droite, parce qu’il fallait contourner Giscard sur sa droite pour pouvoir être candidat à la présidentielle. Et, dès qu’il arrivait en Corrèze, il était de gauche, parce que la Corrèze était de gauche. C’était un émule du petit père Queuille qui disait : «Il n’existe pas un seul problème qu’une absence de solution ne soit capable de résoudre ». C’est Chirac !» Le chapitre le plus émouvant porte sur la destruction de notre paysannerie, l’arrivée de la chimie, qu’il qualifie de sidérurgie rurale, avec cette phrase de la caissière d’une grande surface : «C’est la société de consommation… » Et cette malheureuse caissière sera bientôt remplacée par le scan-achat… Finalement, on veut faire de notre pays une contrée où 80% de la population recevra ses 1500 euros par mois, pour être logée dans des HLM et on apprendra aux enfants à «sauver la planète».

Philippe de Villiers souligne : «On a détruit les campagnes, on a livré les campagnes à l’agrochimie... Vous vous rendez compte, un paysan, c’est aujourd’hui du hors-sol ! Qu’est-ce que cela signifie, symboliquement ou emblématiquement ? On a livré toutes nos campagnes à Bayer, BASF et Monsanto, on a pris le risque d’empoisonner les sols, les animaux et les hommes et, dans le même temps, on a mis tout l’argent pour la politique de la ville. La politique de la ville, c’est la mixité sociale, c’est l’immigration forcée dans les petites communes, les moyennes communes et les grandes communes. Je me souviens de François Mitterrand qui disait : «Le socialisme, c’est la ville ». L’idéologie qui était derrière, c’était éradiquer l’indépendance d’esprit, donc les paysans, les artisans, les commerçants, les pêcheurs... Toutes ces professions qui favorisaient l’indépendance d’esprit ont été purement et simplement éradiquées à la Ceausescu et on a fait des grandes villes affreuses et irrespirables pour pouvoir loger en priorité l’immigration galopante».

En conclusion, face à cette situation, Philippe de Villiers invite la jeunesse à constituer des générations de dissidents : «Vous avez aujourd’hui énormément de jeunes qui ont compris qu’ils ont été floués. Ils en sont conscients. On est minoritaire, on sait que l’on ne sera pas demain majoritaire, donc ce système dans lequel la majorité devient totalitaire est un système qui nous a floués. Donc, je ne crois plus aux hommes politiques et je crée mon isolat de résistance… Une société se sauve, non pas par des mises en garde, mais par des réalisations que l’on accroche à contre-pente. Regardez ce qui se passe avec les écoles en ce moment… Partout où il y a deux familles qui résistent, elles s’unissent et elles créent leur école… Il y a donc des écoles parallèles, des médias parallèles, une culture parallèle, etc. Par la force des choses, on va avoir une contre-société, avec des pensées indépendantes, qui vont former des résistants attachés à la transmission. Pendant ce temps-là, les laïcards se stérilisent eux-mêmes, puisqu’ils ont inventé un système qui ne leur permet pas de se reproduire… Et les cliniques indiennes ne suffiront pas pour fournir les enfants ! La bataille démographique va se jouer entre ceux qui croient encore à la famille et ceux qui n’y croient plus. Ceux qui croient encore en la famille vont continuer de faire des enfants et ils vont être bientôt conscients de la nécessité de créer ce que Raspail avait appelé des «isolats de résistance». Je ne trouve pas d’autre expression, parce qu’elle est très belle. Ce que je vous dis, c’est ce que m’avait prédit Soljenitsyne en 1996. C’est comme cela que les choses se sont passées dans les pays de l’Est sous la botte communiste et en Union soviétique».

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