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Les équipementiers de l’aéronautique sont sous forte pression.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 27 novembre (numéro 819) : “CGG : la pente est raide, le pari délicat”. Bonne lecture !!!
On se souvient, malheureusement, du coup de grisou qui toucha l’action Zodiac, tombée sous les 20 euros, lors de l’annonce qu’une compagnie américaine allait mettre en concurrence la filiale de fabrication de sièges, pour équiper les cabines de plusieurs de ses avions. Le titre Zodiac est remonté aux alentours de 25 euros (25,62 ce mercredi), mais, depuis le début de l’année, alors que l’activité augmente, la marge en a pris un coup, du coup, l’entreprise est en pertes, alors que, de façon ordinaire, on aurait pu considérer qu’il n’y avait pas de limite à la hausse de l’action Zodiac, vu la forte croissance du chiffre d’affaires, et vu l’effet monétaire, avec le dollar plus cher, qui renforce l’entreprise.
Zodiac va publier ses résultats annuels mardi prochain, avant l’ouverture de la séance, et l’on est dans l’incertitude, notamment en ce qui concerne les provisions nécessaires pour restructurer toute l’activité de fabrication de sièges, qui a révélé ses insuffisances. Alors que CGG ou Vallourec, dans un tout autre métier, voient leurs marchés disparaître tel un château de sable sous les effets de la marée montante, pour Zodiac, comme pour Latécoère, comme pour tout un tas d’autres équipementiers de l’aéronautique, le seul problème, c’est de gérer la croissance.
Gérer une croissance forte, c’est très dur.
Actuellement, Airbus produit 42 A320 par mois, l’objectif était d’en fabriquer 50 par mois en 2017… Désormais, l’objectif est porté à plus de 60 unités par mois, d’ici à la fin de l’année 2019. Tous ces avions devront être équipés, tous ces avions devront avoir des cabines, et, de surcroît, pour faire face à la concurrence des compagnies aériennes qui ont des avions neufs, les compagnies aériennes n’ayant pas modifié leur flotte mettent la pression sur les fournisseurs pour changer les cabines, afin d’avoir une offre plus avenante, surtout sur les sièges de la classe Business. Zodiac est le numéro un mondial en ce qui concerne la fabrication de sièges pour passagers, le numéro un mondial en ce qui concerne les systèmes sanitaires embarqués… le numéro trois mondial pour les sièges pilotes (dans les cabines), c’est le numéro un mondial pour les systèmes à oxygène, le numéro un européen pour les systèmes d’alimentation de carburant, le numéro un européen également pour les systèmes de gestion de la puissance électrique… c’est le numéro un mondial pour ce qui concerne les toboggans d’évacuation (métier issu directement des anciens canots pneumatiques, activité cédée), numéro un mondial aussi pour les parachutes qui permettent de ralentir les avions, en cas de besoin, numéro un mondial pour les systèmes de protection de câblage électrique… Zodiac, c’est une entreprise exclusivement ou presque concentrée sur la commercialisation d’équipements aéronautiques, et ce métier connaît une croissance comme jamais dans l’histoire. La toute petite entreprise qui s’est introduite en Bourse, sur le second marché, il y a trente ans de cela, est aujourd’hui une très grosse entreprise, qui réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 milliards d’euros, et qui est ultra-rentable, même si l’incident des sièges avions (avec des indemnités de retard à payer) va peser sur le résultat opérationnel sur l’exercice qui s’est terminé le 31 août 2015. Pour l’année 2015-2016, qui se terminera le 31 août 2016, on peut penser que la marge opérationnelle reprendra de l’altitude, l’entreprise est saine, l’entreprise n’a aucun souci d’ordre financier (la dette est minime), et peut compter également sur un actionnariat fidèle, les familles fondatrices ont à peu près un quart du capital, l’autocontrôle est d’environ 5 %, et la famille Peugeot détient de nouveau, après prise partielle de bénéfices naguère, un peu plus de 5 % également.
Zodiac : les Peugeot y croient.