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Les 5.000 points résistent encore
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les marchés boursiers tentent de s’installer durablement sur leur tendance haussière actuelle, alimentée en grande partie par les injections massives de liquidités opérées par les banques centrales mondiales au cours de ces dernières années. Il s’agit sans aucun doute d’une forme de bulle financière spéculative qui se matérialise par une hausse continue des cours des actions pendant que l’économie réelle mondiale s’enlise dans une croissance molle, frisant la récession et la déflation dans certaines zones géographiques dont l’Europe et quelques pays asiatiques. Aux États-Unis, les choses restent cependant relativement cohérentes, et donc relativement saines, car la croissance y dure depuis plusieurs années sur un rythme supérieur à 2 %. En France, ce sont essentiellement les bonnes performances commerciales de nos grandes multinationales du Cac 40, si critiquées par nos politiques ignares et démagogues, qui sauvent les meubles grâce à leurs filiales étrangères !
Pendant ce temps-là, la BCE maintient à bout de bras une situation qui s’enfonce très lentement vers la récession et la déflation à coup de prêts de centaines de milliards d’euros aux banques dont certaines auront beaucoup de mal à les rembourser sans être massivement recapitalisées par leurs actionnaires. Vous avez sans doute noté cette semaine que les médias de la finance commencent enfin à parler de la nécessité de le faire en avançant des montants supérieurs à 1.100 milliards d’euros ! Ce sont là les chiffres du Conseil de stabilité financière (FSB) chargé de superviser les banques dites systémiques (trop grosses pour faire faillite). Ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’il leur faudrait en plus vendre massivement des actifs pour se conformer aux règles dites de « Bâle III ». Je pense que les banques centrales, surtout la BCE et la Banque de Chine, craignent par dessus tout une forte baisse des actions qui mettrait immédiatement en situation intenable de nombreuses banques systémiques, ce qui obligerait les États à mettre la main à la poche du contribuable pour les sauver.
C’est la raison principale qui les poussent à toujours injecter plus de liquidités dans le système au risque de le noyer complètement. Si les économies réelles en Europe et en Chine ont du mal à redémarrer, c’est en grande partie à cause de cela. Si, pendant ce temps-là, les indices boursiers flambent, alors il y a vraiment du soucis à se faire dans pas longtemps ! En attendant, ça monte, ça monte et ça monte en direction des plus hauts annuels de 5.283,71 points (et non pas 5.246 points comme indiqué par erreur dans le numéro précédent). A court terme, il y a bien entendu la résistance secondaire de la zone des 5.000 points à déborder, mais ils semblent bien décidés à le faire au train où vont les choses. Il ne faudrait pas croire pour autant que les choses « roulent », car à tout moment quelque chose pourrait se produite et mettre le feu aux poudres. Je rappelle que cette hausse est très fragile par nature ou plutôt qu’elle est contre nature. Méfiance donc.
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