Le premier écosystème entrepreneurial dédié à la Silver économie

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Benjamin Zimmer, directeur de Silver Valley : « Nous pensons que la proximité entre les entrepreneurs et les investisseurs sont des ingrédients qui favorisent le développement des entreprises qui, un jour, rencontreront leur marché. »

C’est un marché considérable que celui des seniors. Pour inciter les entreprises à innover dans ce domaine, la Silver Valley est un pôle industriel et scientifique qui rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur de l’autonomie. Basé à Ivry-sur-Seine, ce pôle entend être un lieu de confluence d’établissements de recherche, d’institutions sanitaires et médico-sociales, et d’entreprises constitutives de la filière française de la Silver économie. Dédiées à la production de biens et services, ces entreprises répondent aux enjeux sociaux et économiques du vieillissement de la population française. Pour ces acteurs, travailler ensemble, c’est mettre en place les conditions propices au développement de projets d’innovation et aux partenariats commerciaux et industriels pour répondre aux besoins et aux usages des personnes âgées et de leurs proches. C’est l’occasion d’évoquer le marché des seniors dans la nouvelle économie avec Benjamin Zimmer, directeur de Silver Valley.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous souhaitez développer la Silver économie, c’est-à-dire la nouvelle économie au service des besoins et des usages des personnes âgées. Il y a quelques années, on parlait beaucoup du marché des seniors dans la publicité, mais les médias et les annonceurs ont toujours privilégié la course aux jeunes en ignorant cette catégorie de la population. Est-ce la même chose avec Internet ?

Benjamin Zimmer : La Silver économie, c’est la filière industrielle destinée à encadrer les activités de production et de distribution des produits et des services à destination des seniors : c’est-à-dire des personnes à partir de la retraite. Cela représente un peu plus de 15 millions de personnes en France et, d’ici à 2025, un Français sur trois aura plus de 65 ans. C’est un phénomène propre à tous les pays industriels, à l’échelle de la planète : il y aura un milliard d’individus de plus de 65 ans d’ici à 10 ans. Face à cela, il faut effectivement trouver des solutions pour préserver le bien-être, la mobilité, la gastronomie, l’alimentation et tous les besoins divers et variés qu’un être humain peut avoir à tous les âges. C’est un sujet qui n’est pas en soi innovant, parce que le vieillissement, cela existe depuis le début de l’humanité... Cependant, la révolution, c’est qu’il va y avoir bientôt plus de personnes âgées sur la planète que de personnes actives. La pyramide des âges est en train de s’inverser. On a réussi à améliorer l’espérance de vie des personnes et, maintenant, il faut travailler sur la qualité de vie et le confort. C’est tout l’enjeu. On arrive à un vieillissement massif, avec plusieurs générations qui se côtoient. Les générations nées pendant la guerre ne sont pas les mêmes que celles qui sont nées après la guerre, les habitudes de consommation sont différentes. Les premiers ont été plutôt des épargnants, alors que les seconds sont plus dépensiers… L’enjeu est d’arriver à faire travailler les acteurs qui produisent des biens, dans l’aéronautique, l’automobile ou les maisons de retraite, avec ceux qui produisent des services. L’enjeu de la proximité est très important. Nous ne vivrons pas tous en maison de retraite, parce que les prix font que tout le monde n’y a pas accès. Mais on peut combler nos pertes sensorielles avec des produits et des services qui vont nous permettre d’augmenter nos capacités. En plus, ce sont des produits qui aident tout le monde. Je prends l’exemple du radar automobile qui permet de reculer sa voiture sans risquer le moindre choc : c’était au départ inventé pour des personnes qui avaient des problèmes de dos et qui avaient du mal à se retourner dans leur voiture. Au final, c’est utile pour tout le monde ! On se rend compte qu’il y a beaucoup de choses qui sont faites pour les personnes âgées, mais qui sont finalement utilisées par tout le monde…


Mais les constructeurs ne font-ils pas cela naturellement ? Par exemple, dès les premiers iPhone, Apple a permis le grossissement des caractères…

Effectivement, certaines entreprises ne déclarent pas être dans la Silver économie, mais elles font déjà des produits à destination des personnes âgées : je pense à l’exemple de L’Oréal pour les cosmétiques. Ces entreprises ne nous ont pas attendus et, pour des raisons d’identité de marque, elles ne veulent pas s’afficher dans une économie où l’on ne parle que de vieillissement, puisque toutes leurs publicités reposent sur la culture du jeunisme... On sait que 30% des clients des entreprises sont en train de vieillir : elles ne vont pas avoir le choix, elles vont devoir s’adapter ! La grande distribution va devoir aussi réfléchir à la taille des polices ou à la couleur des produits. Dans toutes les infrastructures publiques, il sera nécessaire d’améliorer les affichages. Certaines entreprises ont intégré cette culture dès le départ, alors que d’autres doivent développer des offres pour combler les manques à destination de ces populations. Sinon, elles se feront concurrencer par des nouveaux entrants. Pour accélérer le développement, il faut justement des structures comme la nôtre, afin de réunir l’ensemble des acteurs qui vont pouvoir échanger et se rencontrer. Les entreprises vont pouvoir signer des accords commerciaux entre elles, d’autres vont avoir accès à des investisseurs, d’autres à des clients pour tester leurs idées… C’est nécessaire pour accélérer le développement de l’innovation et la mise sur le marché des nouveaux produits et services. L’autre intérêt que je vois dans notre organisation, c’est la mutualisation des coûts. Dans une société comme la nôtre, l’argent est un point crucial en termes d’innovation et la mutualisation des ressources est une nécessité pour faire de l’innovation ouverte et accélérer la mise sur le marché de produits innovants.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.