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L’automobile électrique, enjeu du pétrole pas cher.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 novembre (numéro 816) : “Est-il possible de redresser l’économie française ?”. Bonne lecture !!!
La grande orientation vers les voitures électriques de Renault-Nissan date de la flambée du baril de pétrole à 140 dollars le baril, au début de 2008. Avec la réduction des tailles des moteurs (style 1,6 l dCi et trois cylindres essence tCe), ce fut la réponse offerte à un souci important : la rareté des carburants pétroliers face aux besoins des nouveaux pays qui s’équipent. L’automobile électrique, c’est donc un enjeu majeur pour le groupe Renault, qui, avec sa filiale à 43,2 % Nissan, a investi environ 4 milliards d’euros dans le développement de modèles spécifiques, d’un moteur, et de tout ce qui va avec.
Là où le géant américain General Motors a créé des véhicules « électriques » avec une autonomie renforcée, via l’adjonction d’un petit moteur à essence, qui sert pour recharger les batteries, Renault-Nissan a travaillé sur l’électrique “pur”, un pari que d’aucuns considéraient comme totalement fou, mais qui semble connaître un début de réussite.
Un échec ? Non : le frémissement des ventes est là.
En cette fin du mois d’octobre 2014, moins de quatre ans après le lancement du tout premier modèle, la Nissan Leaf, on est à un peu plus de 300.000 unités vendues de par le monde, c’est peu, c’est vrai, mais cela représente désormais 50 % du parc roulant dans l’industrie des voitures électriques et des chiffres au-delà de tout ce qui avait pu être effectué dans le passé, à une époque où le pionnier PSA vendait moins d’un millier de Saxo et de 106 électriques chaque année. Pour populariser l’usage des voitures électriques, Renault a investi dans une équipe de Formule E, un championnat spécifique, qui a vocation, à terme, à remplacer peut-être la Formule 1, où Renault a brillé naguère. Ce qui est amusant, c’est que l’un des pilotes vedettes de l’équipe Renault Formule E n’est autre que Nicolas Prost, fils du célèbre Alain Prost, coureur cinq fois champion du monde, dont la tête s’affichait dans toutes les usines Renault, partout dans le monde, lors de sa période active. Fort du titre « équipe » du tout premier championnat du monde de Formule E en 2014-2015, l’équipe Renault e.dams est repartie en campagne pour la saison deux, avec comme objectif d’obtenir les deux titres, celui du champion (pilote) et le doublé en ce qui concerne l’équipe. La deuxième saison de Formula E a débuté ce 24 octobre à Pékin, cela tombe bien, Renault va y vendre, dès la fin de l’année 2016, la Fluence ZE, dans le cadre de sa coentreprise avec le groupe chinois DongFeng Motors, qui est connu pour être actionnaire à hauteur de 14,13 % de PSA. La finale se fera à Londres le 27 juin 2016, cela sera une bonne vitrine pour l’arrivée des premiers taxis Nissan E-NV200, qui sont étroitement dérivés des Kangoo ZE. Pour populariser les voitures électriques, Renault est même allé jusqu’à lancer un quadricycle, le Twizy qui a connu un éphémère succès lors de son année de lancement, mais qui réussit néanmoins, actuellement, à trouver une certaine clientèle, ayant gagné récemment un marché dans l’autopartage à San Francisco, où il sera affublé d’un blason Nissan. Fabriqué à Madrid, en petites quantités, il se vendra entre 2.200 et 2.300 exemplaires sur l’année 2015, ce qui n’est pas un exploit, mais qui suffit pour attirer les regards, lorsque ce véhicule circule dans les centres de ville.
Zoé, Leaf, i3, Tesla : conçus comme électriques.