Baisse des dotations de l’État : un élu refuse de célébrer les commémorations officielles dans sa commune

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Rion, maire de Castillon (Alpes-Maritimes) : « Nous allons être fauchés en rase campagne ! »

Philippe Rion, maire de Castillon, une commune de 400 habitants située dans le département des Alpes-Maritimes, vient de prendre une décision symbolique contre la diminution des dotations de l’État : il annonce qu’il ne célébrera plus aucune commémoration officielle. Il nous explique dans quelle situation il se trouve et souligne que les communes rurales sont en grand danger.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous protestez contre la diminution des dotations de l’État. Quel est l’impact de cette mesure sur votre budget ?

Philippe Rion : On touche à une dotation dans un petit budget, puisque j’ai un budget, tout confondu, de 800 000 euros, en fonctionnement et en investissement, et ma dotation globale de fonctionnement n’est pas énorme mais elle me sert. Concrètement, je perds 25% sur ma DGF. Je vais en récupérer 7% rien qu’en ne faisant plus les commémorations mais, pour une petite commune, un chou c’est un chou ! Nous sommes sur la Côte d’Azur, mais je suis quand même une commune particulièrement pauvre, avec peu de revenus. Les conséquences sont donc importantes puisque je suis en train de réfléchir à l’idée de licencier du personnel, alors que je n’ai pas des effectifs pléthoriques. Nous devrions faire partie des communes que les pouvoirs publics devraient soutenir, alors que nous sommes en première ligne. Nous allons être fauchés en rase campagne !


Concrètement, y a-t-il des projets que vous ne pourrez plus mener jusqu’au bout en raison de cette situation ?

Franchement, nous n’avons pas énormément de projets, puisque la situation économique est compliquée. La communauté d’agglomération nous subventionne, mais à hauteur de 50%. Donc, quand ils nous prêtent un euro, je dois mettre un euro en face… Soyons clairs, nous n’avons pas de projets structurants aujourd’hui. Il y a une dizaine d’années, on était encore à la fin de l’époque des vaches grasses, donc on pouvait faire appel à des subventions. Mon prédécesseur a pu enclencher des projets démesurés, mais cela passait, puisque l’État ne regardait pas… C’était la gabegie. Aujourd’hui, tout cela est en cours, donc il est difficile d’éponger. On doit éponger les erreurs d’hier, mais nous sommes coincés puisque nous n’avons plus d’éponge ! Donc, j’ai du mal à assumer ce qui a été fait il y a dix ou quinze ans dans la commune.

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