Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Quand la BCE reconnaîtra-t-elle le fiasco du "QE" ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Après une légère correction, le Cac 40 est reparti à la hausse dépassant à peine le pic de 4.737,69 points de la semaine dernière avec un nouveau plus haut hebdomadaire à 4.745 points, pour le moment. La présence d’une zone de résistance autour des 4.750 points se confirme, juste en dessous de la zone de la MM200 située actuellement autour de 4.836 points. Cette zone devrait jouer un rôle central dans la situation technique actuelle alors que la tendance haussière à long terme semble à bout de souffle pour ne pas dire terminée. A moyen terme, le rebond est toujours d’actualité mais éprouve beaucoup de mal à se poursuivre actuellement. A la baisse, le soutien le plus important est à 4.600 points vers lequel un certain courant acheteur se « rallume » à chaque rétro supplémentaire du marché. Sur les autres places internationales, la tendance est également à la poursuite de la reprise mais avec un certain ralentissement à l’approche des zones de résistance respectives à chaque indice. Les places chinoises très observées dorénavant par les acteurs de marché, semblent elles aussi avoir des difficultés à progresser davantage. Comme l’adage chinois dit « Quand tu arrêtes de pédaler sur ton vélo, tu tombes... », alors gare aux pannes de pédalage !

En Europe où la reprise économique a toujours autant de mal à se renforcer, les bonnes questions ne vont pas tarder à être posées. L’absence de réforme du secteur bancaire reste un problème central, car le système de distribution des crédits aux entreprises et aux ménages est en panne depuis plusieurs années. L’argent colossal des « QE » et des prêts de la BCE aux banques ne transite que très marginalement vers les acteurs de l’économie réelle. Il est placé quasi intégralement sur les obligations d’État et contribue artificiellement à maintenir les taux des emprunts publiques en dessous de 1 %. L’état de grande fragilité financière des PME va en s’aggravant alors qu’elles ont de moins en moins accès au crédit. Seules, les très grandes entreprises qui font appel directement au marché s’en sortent relativement bien, ce qui explique partiellement que la Bourse ne s’est pas écroulée davantage.

Mais lorsque les taux se normaliseront, en repassant au-dessus des 2,5 % pour le domaine public, ils seront beaucoup plus haut pour le secteur privé et affecteraient fortement leurs marges bénéficiaires et par conséquent leurs cours de Bourse. En attendant, la BCE devrait s’exprimer tôt ou tard sur la question et sur l’atonie de la croissance ainsi que sur l’absence totale d’efficacité de son fameux « QE ». Comment réagiraient alors les opérateurs quand ils seront convaincus de la réalité de la situation ? Pour le moment, beaucoup d’entre eux pensent faire des « affaires » en achetant moins cher qu’en juillet. Sur le plan technique, la porte reste néanmoins ouverte à tous les scénarios y compris la poursuite de la hausse jusqu’aux plus hauts annuels mais cela serait forcément sans lendemain comme la hausse du premier semestre. Reste celui de la baisse directe qui serait dans ce cas forcément forte !

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