Pour 2016 et 2017, deux valeurs "en retournement" qui peuvent surprendre.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 octobre (numéro 814) : “La distribution : fin d’un Eldorado ?”. Bonne lecture !!!
Les valeurs « en retournement » qui peuvent surprendre, il y en a encore ? Nous sommes à la fin de l’année 2015, on commence à avoir une idée assez précise de la situation des entreprises, des grandes entreprises, des entreprises de taille intermédiaire. Globalement, comme l’a souligné l’étude de Coe-Rexecode (réalisée pour l’Association française des trésoriers d’entreprise), la situation des trésoreries n’a jamais été aussi bonne depuis 2007 en France. La raison ? L’étude nous indique que la baisse des matières premières est citée par 30 % des personnes interrogées (les trésoriers d’entreprise), par ailleurs, sauf pour l’Etat, les délais de paiement des clients se stabilisent. Il ne faut pas oublier non plus qu’il y a eu de l’argent très bon marché, pendant une longue période, qui a pu aider à refinancer, et cela n’est pas à négliger, les dettes contractées en 2008, 2009 ou 2010, à des taux usuraires. Beaucoup d’entreprises qui étaient en perdition, à l’instar de Technicolor, d’Alcatel-Lucent (racheté par le finlandais Nokia), ont retrouvé des couleurs, et sont parfois, comme Technicolor, de retour à l’offensive. Il en est de même pour Peugeot, qui était une entreprise en retournement, et qui a réussi son redressement, avec trois ans d’avance par rapport à ce qui était anticipé.
Dans le même secteur de l’industrie automobile, on voit que Renault, qui avait frôlé le dépôt de bilan à la fin de l’année 2008, s’est « refait la cerise », en vendant à très bon prix ses parts dans le groupe de camions Volvo, et a pu, en concomitance avec sa filiale Nissan, investir pour sortir, sur des plates-formes communes, avec une industrialisation totalement commune désormais, toute une série de nouveaux modèles, depuis le renouvellement de la Clio 4, en passant par le changement complet de la gamme Dacia et, en haut de gamme, l’arrivée de l’Espace de nouvelle génération, en attendant la Talisman, l’Alpine et également le Koleos de deuxième génération. Cette stratégie des plates-formes communes qui a sauvé les constructeurs automobiles est également à l’origine du retournement particulièrement spectaculaire de l’industrie des équipementiers. On est désormais sur une situation particulièrement brillante, avec des marges jamais vues dans le passé.
Le Bélier affiche une marge opérationnelle à deux chiffres (supérieure à 10 % du chiffre d’affaires), Faurecia (qui vient de publier son CA du T3, cf article page 5 de ce numéro) se rapproche des performances de Valeo, avec une marge opérationnelle qui sera aux alentours de 5 % du chiffre d’affaires au second semestre, et qui vise les 6 à 7 % du chiffre d’affaires à horizon de deux ou trois ans. Le retournement se poursuit, il va s’amplifier d’autant plus que les dettes, issues d’un passé douloureux, sont en train de se résorber, sans augmentation de capital, sans appel au marché. Il est donc de nouveau permis de se poser des questions sur les entreprises qui restent « en retournement » et qui peuvent, moyennant un risque assez modéré (le plus dur est passé), connaître une belle envolée boursière, à la manière d’Alcatel-Lucent en 2013, de Peugeot au début de l’année 2015. Nous en avons sélectionné principalement deux, Solocal et Latécoère.
Solocal : une refondation.
Solocal est une entreprise qui a longtemps été dépendante de l’annuaire papier, un annuaire imprimé, qui était diffusé dans toutes les maisons, médium de masse, local, avec plus de 700.000 annonceurs, et un usage quotidien, voire pluriquotidien. Comme tous les spécialistes du papier, l’arrivée de l’électronique a tout chamboulé. Solocal a été pendant très longtemps un pionnier, avec ses annuaires sur minitel, son annuaire inversé, ses systèmes de localisation (3615 Mappy) et autres dérivés très rentables, qui ont disparu progressivement, avec la diffusion d’Internet et, de surcroît, des moteurs de recherche. L’entreprise a eu à gérer la décrépitude accélérée de son activité traditionnelle sur les annuaires papier (dont la diffusion a été réduite, et où les annonceurs ont commencé à s’envoler, avec nette accélération en 2008, 2009 et 2010), et la migration progressive de ces actes sur le minitel. Il s’agit plus d’une refondation que d’une transformation.
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