⟵ Retour
La Fédération des autoentrepreneurs et l’association Parrainer la Croissance lancent un Observatoire de l’Uberisation
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Grégoire Leclerc, cofondateur de l’Observatoire de l’Uberisation : « Nous avons mesuré une volonté d’indépendance des Français, une volonté de contractualiser différemment et une volonté de pouvoir avoir plusieurs activités. »
L’uberisation de la société est un terme à la mode : ce néologisme décrit un phénomène récent dont la société Uber est l’inspiratrice directe et la parfaite illustration du profond bouleversement économique qu’il est en train de générer. Grégoire Leclercq, président de la Fédération des autoentrepreneurs, et Denis Jacquet, entrepreneur et président de l’association Parrainer la Croissance, lancent l’Observatoire de l’Uberisation en France. L’Observatoire de l’Uberisation sera animé par un comité de pilotage constitué d’acteurs concernés par ce phénomène sociétal qui s’annonce comme «le tournant du siècle» selon les analystes. Les travaux seront disponibles via le site uberisation.org. Grégoire Leclerc, cofondateur de l’Observatoire de l’Uberisation, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous lancez un observatoire de l’uberisation de l’économie. Vous soulignez que le monde est en train de changer et qu’il ne ressemblera bientôt plus à celui que nous connaissons aujourd’hui…
Grégoire Leclerc : La réflexion que nous avons eue avec Denis Jacquet, depuis maintenant quelques mois, porte sur trois grands leviers qui sont en train de bousculer en profondeur l’économie et qui vont amener une véritable révolution. Le premier, c’est le numérique, avec toutes ces entreprises comme Uber, Amazon, Airbnb ou BlaBlaCar, qui utilisent au mieux le numérique pour sortir un produit accessible au grand public, partout en France, et sur tous les supports. Ensuite, nous avons mesuré une volonté d’indépendance des Français, une volonté de contractualiser différemment et une volonté de pouvoir avoir plusieurs activités, comme être salarié, être indépendant, être prestataire de services ou avoir quelques revenus complémentaires en étant chauffeur pour Uber ou en louant sa chambre… Aujourd’hui, c’est le régime de l’auto-entrepreneur qui permet de répondre à cela en France, mais l’OCDE a démontré qu’en 2020 le nombre d’indépendants attiré par cette tendance aura encore doublé. Enfin, on observe que les Français recherchent une expérience de consommation différente, ils souhaitent quelque chose de plus simple, de plus facile et de plus agréable. En choisissant Uber par rapport à un taxi, par définition ils ont préféré la simplicité, le fait de pouvoir le commander à distance, le fait d’avoir une réservation rapidement ou d’être accueilli par quelqu’un en costume. C’est une promesse qui est très attendue. Les Français sont aujourd’hui, encore plus qu’hier, dans l’attente du meilleur service, de la meilleure expérience et du moindre effort.