Le spécialiste des questions d’éducation plaide pour le retour de l’uniforme à l’école

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs : « Pour construire une identité et une nation, il faut se retrouver dans des chemins communs à travers une histoire commune. »

On le présente souvent comme le spécialiste des questions d’éducation au sein des Républicains : Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs, est l’auteur du rapport sur le socle commun des connaissances et des compétences au collège. Il vient de déposer une proposition de loi préconisant le retour de l’uniforme à l’école. En mai dernier, il avait démissionné du Conseil supérieur des programmes en déclarant : «Les propositions de fond sont ignorées». Il fait le point sur toutes ces questions dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé.


L’Hebdo-Bourseplus : De nombreux parents ont le sentiment que leurs enfants font partie d’une génération sacrifiée, à qui l’on n’a pas enseigné les fondamentaux comme cela aurait dû être le cas. Qu’en pensez-vous ?

Jacques Grosperrin : Il y a eu l’effet Jospin, avec un pédagogiste qui s’appelle Philippe Meirieu, à l’origine de la création des IUFM qui ont fait beaucoup de mal. Ils sont sortis de la démarche initiale des Ecoles normales à travers les savoirs fondamentaux et l’apprentissage du français, c’est-à-dire apprendre à lire, écrire, compter et parler. Les pédagogistes des sciences de l’éducation voulaient faire la révolution copernicienne, c’est-à-dire mettre l’enfant au centre du processus éducatif, permettre à l’enfant d’accéder aux humanités et plus simplement ce qu’ils appelaient le savoir-faire. À partir de là, il fallait motiver l’enfant et lui permettre d’apprendre en jouant. Tout ce courant des sciences de l’éducation a fait beaucoup de mal, parce qu’ils étaient convaincus que l’enfant était capable d’apprendre tout seul et qu’il pourrait réinventer la science. Or, on ne réinvente rien, on a des enseignants qui nous guident dans nos apprentissages et ils nous permettent d’acquérir de la culture et des enseignements pour être libres plus tard. Pour eux, la liberté, c’était déjà une fin en soi, il fallait que l’enfant soit libre d’apprendre ou de ne pas apprendre. On a sacrifié des enfants parce que l’on a cédé à des effets de mode. Tout ce qui existait avant était à jeter et tout ce qui était nouveau était à promouvoir.


À cela s’ajoutent le tutoiement et la complicité…

Le professeur qui devient un copain, l’estrade que l’on doit faire disparaître, le tableau que l’on n’utilise plus, les enfants que l’on met en carré ou en cercle dans des salles de cours, parce que l’enseignant doit se mettre au niveau de l’élève… En pensant qu’il allait être aimé, l’enseignant s’imaginait qu’il allait mieux faire passer ses cours. Or, cela ne se passe pas du tout comme cela. Il est important de garder la relation entre le professeur et l’élève, avec des retours évidemment, mais à un moment donné le savoir ne se réinvente pas, le savoir s’apprend, et il faut le goût de l’effort. Quand l’élève est dans le jeu, il n’est pas dans l’effort, donc il n’apprend pas… Mais c’est aussi l’après 68. En comptant, 68 + vingt ans, on arrive aux IUFM, ce sont donc des enfants de l’après 68.

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