⟵ Retour
Il n’y a plus de vases communicants.
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Ce qui différencie considérablement la baisse actuelle des précédentes, c’est que tous les compartiments financiers et toutes les places mondiales reculent à l’unisson. Certes, certaines bourses baissent plus vite que d’autres, mais la tendance est là, généralisée dans la décrue. L’argent ne va pas d’un coin à un autre de la planète, il fond partout. Lors des phases baissières précédentes, l’or par exemple avait flambé ainsi que les matières premières qui bénéficiaient d’un certain effet de vases communicants. Pour observer cela, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble des graphiques publiés dans ce numéro avec des historiques remontant à 2011. Seul le marché obligataire avait servi de valeur refuge l’espace d’un temps, mais l’arrivée des taux à l’approche de zéro de rendement a stoppé nette toute possibilité de valorisation d’un tel placement sur le long terme.
Les investisseurs et les fonds qui y sont massivement investis ne peuvent plus y tirer ni rendement ni plus-value, tout juste le risque d’une remontée violente des taux avec un potentiel de pertes colossales en termes de volumes, car c’est là où il y a le plus d’argent placé dans le Monde. Dans le même temps, les matières premières continuent curieusement de baisser alors qu’il y a quelques années, les fonds d’investissements en avaient fait leur cheval de bataille, faisant exploser les cours à la hausse, y compris les matières premières alimentaires. Cette spéculation imbécile et effrénée avait provoqué d’énormes dégâts dans les pays du tiers Monde, avec des soulèvements sociaux dont on subit encore les conséquences géopolitiques actuellement. Derrière tout ce déroulement des choses, il y a les actions des banques centrales qui ont beaucoup trop joué avec le feu, en faisant baisser « aux taquets » les taux dirigés puis en injectant massivement des liquidités dans le circuit financier par le biais des rachats d’actifs directement sur les marchés (plans « QE » et assimilés).
Cette logique court-termiste à des limites qui sont atteints aujourd’hui. Les taux sont à zéro, la croissance en berne, la déflation pointe son nez et les actifs entrent à leurs tours dans une phase de décompression. La sphère financière ne gonfle plus, elle perd tous les jours de la masse dans sa globalité, car comme indiqué plus haut, il n’y a pas de transferts entre secteurs (vases communicants). En Europe, la situation est encore plus critique car la monnaie unique, l’euro, est de plus en plus difficile à supporter par les États membres en manque de compétitivité, soit à peu près tous les pays de la zone euro, en dehors de l’Allemagne !
Sur le plan technique, la ligne de support du canal haussier à long terme du Cac 40 n’est peut-être pas encore cassée, ce qui explique les tentatives de rebonds actuels. Au mieux, même si la tendance haussière de fond n’est pas cassée, on risque d’évoluer juste au-dessus pendant un moment, avec la menace de la casser à tout moment. Au niveau sectoriel cependant, je pense qu’il est temps de recommencer à s’intéresser aux valeurs pétrolières, car un nouveau cycle haussier est d’ores et déjà en préparation.