Pour le parlementaire, l’Europe ne doit pas échouer dans l’accueil des réfugiés...

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Michel Piron, député UDI de Maine-et-Loire : « Cette tentation du repli en France est celle d’un pays qui n’a pas confiance en l’avenir et qui n’est pas capable de s’ouvrir aux nouveaux venus. »

À droite, certains parlementaires souhaitent un engagement plus important en faveur de l’accueil des réfugiés, mais cela doit s’organiser au niveau européen et il est par ailleurs nécessaire de créer un fonds pour l’Afrique afin d’éviter de nouvelles vagues de migrants : c’est ce que préconise Michel Piron. Le député UDI de Maine-et-Loire a le mérite de ne pas tenir un double discours. Il sait que certains de ses électeurs ne sont pas d’accord avec lui sur cette question, mais il rappelle fermement que le droit d’asile ne se discute pas. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous rappelez sur votre blog que la question de l’accueil des migrants s’impose plus que jamais. En France, nos médias institutionnels semblent déjà très occupés à suivre la bataille des primaires à droite… Qu’en pensez-vous ?

Michel Piron : La question qui ressort très fortement dans les médias européens, c’est le dernier accord sur la répartition des 120 000 réfugiés. C’est un sujet qui va évidemment occuper la une de l’actualité pendant un certain nombre de jours. Je ne suis pas certain que l’on fasse toujours ce qu’il faudrait pour fournir les explications qui permettraient d’avoir des positions plus raisonnables ou raisonnées. Quant aux primaires, c’est la préparation d’un parti pour la prochaine élection présidentielle. Il y a cinq ans dans un mandat présidentiel et je trouve que c’est trop court. Je n’ai pas participé à cette erreur, puisque je n’étais pas parlementaire à l’époque. Je vous rappelle qu’il reste quand même encore près de deux ans de gouvernement sur cette période de cinq ans ! Donc, cristalliser la totalité de l’actualité politique sur les primaires ne me paraît pas très raisonnable de la part de certains médias. Il y a largement le temps de discuter de ces primaires. La question essentielle est celle des réfugiés et de l’intégration. Je pourrais évoquer pareillement la question de l’école, parce que cela nous renvoie à nos insuffisances. Pourquoi les Allemands, Angela Merkel en tête, ont-ils été capables d’une telle attitude d’accueil ? Dans les lands, ils se sont même mis d’accord sur une règle de répartition. En France, on est incapable de cela parce que l’on ne sait pas intégrer comme il faut. On a un vrai problème d’école, d’abord avec l’école maternelle et primaire, alors qu’en Allemagne la priorité c’est l’apprentissage de la langue. Tout cela nous renvoie à nos propres insuffisances.


On a le sentiment que les Français sont partagés entre l’envie d’accueillir les réfugiés et la crainte des conséquences économiques que cela pourrait entraîner… Quelle est votre position sur la question de l’accueil des réfugiés ?

Pour les réfugiés, c’est très clair, je n’ai aucune hésitation : c’est un devoir. Je dis bien que c’est un devoir ! Le droit d’asile crée un devoir absolu. Depuis quelques semaines, le pays des Droits de l’homme, c’est l’Allemagne. Il serait scandaleux que la France, dit pays des Droits de l’homme, ne pose pas comme premier principe que le droit d’asile crée un devoir d’asile majeur. Une fois que l’on a dit cela, il y a la question de la répartition des réfugiés. Je rappelle que 500 000 personnes attendent aux frontières, peut-être 800 000 au bout d’un an, et on peut aller vers le million. Il s’agit de personnes, de femmes, d’enfants et d’hommes qui, tout simplement, essaient de sauver leur vie. On est face à un appel au secours absolument majeur. Face à ce qui se passe en Irak et en Syrie, ces gens n’ont pas d’autre choix. Pour les pays qui les entourent, je rappelle qu’un quart de la population au Liban est constitué de réfugiés. Il y a aussi la Jordanie et la Turquie… Ce sont des pays qui sont complètement débordés et il y a un vrai problème. L’Europe doit avoir une véritable politique dans ce domaine. La Grèce est complètement dépassée, l’admirable Italie est confrontée à un afflux absolument incomparable à ce que nous avons en France. Or, les Italiens se gardent bien de toute manifestation de racisme. Quand les manifestations racistes arrivent en Italie, permettez-moi de vous le dire, c’est plutôt du côté du Nord et de la Ligue lombarde, que du côté du Sud. Autrement dit, ce n’est pas là où il y a les plus gros problèmes que se manifestent les rejets. Ensuite, je rappelle que 500 000 personnes, c’est 0,11% de la population européenne... Comme ce sont des familles, 30 000 personnes, je ne suis même pas certain que cela représente 10 000 logements, puisque ce sont des familles dans la plupart des cas.

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