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Serait-ce juste une normalisation des marchés ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
On peut tourner le problème dans tous les sens, la baisse actuelle des marchés apparaît avant tout comme un simple retour à la normale en quelques sortes. Car, comme je l’ai très souvent mis en avant, la hausse du premier semestre 2015 s’est bel et bien avérée comme un mouvement totalement artificiel qui ne pouvait pas tenir dans la durée. Et pour cause, les interventions des banques centrales ne peuvent pas se répéter à l’infini et elles n’ont que des effets passagers. Baisser les taux dirigés et agir sur les marchés obligataires et hypothécaires pour faire propager la baisse des taux sur les produits à moyen et long terme (principalement le 2 ans et le 10 ans des OAT) en usant des fameux plans « QE », crée un flux de capitaux favorable aux actions. Mais au fur et à mesure que la « cuve » des actions se remplit, les cours montent, montent jusqu’à l’excès (formation de bulle spéculative). Mais dès lors que l’action des banques centrales s’arrête, faute de munitions, car on ne peut pas faire baisser les taux indéfiniment (le mur des « zéros »), le flux tarit et les cours s’arrêtent de monter. Alors, pourquoi rester investi dans un marché risqué qui ne monterait plus ? C’est la question que la plupart des gérants des fonds de pension se sont naturellement posés. De plus, ces appels de fonds excessifs ont fini par assécher la demande finale qui avait souvent arbitré ses obligations vers les actions par anticipation. L’équilibre de l’offre et de la demande se trouve alors logiquement rompu dans l’autre sens, celui de la baisse. A cela, il convient d’ajouter la couche spéculative car les millions de petits intervenants à travers le Monde s’étaient habitués à voir la hausse succéder à la hausse jusqu’à oublier le risque de voir un jour les marché corriger. De plus, cela est amplifié par les nombreuses possibilités des marchés modernes d’user et d’abuser de l’effet de levier. Voilà pourquoi, plus les marchés baissent, plus le mouvement a tendance à s’accélérer. Les éternels haussiers restent toujours persuadés que la hausse va revenir demain et augmentent leur exposition pour se refaire plus rapidement.
Mais les banksters le savent car ils ont les positions des clients dans leurs « livres » informatiques et ont accès aux positions globales des confrères. Ainsi, quand le marché est « suracheté » avec un pourcentage de leviers élevé, leurs robots se mettent à « nettoyer » les positions ouvertes grâce à des ventes massives et violentes jusqu’à forcer la petite spéculation à vendre dans la panique sous le poids de grosses pertes. Il est alors temps pour les banksters de racheter leurs positions vendeuses au plus bas grâce à cette contrepartie providentielle. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 se rapproche actuellement de la ligne de support de son canal haussier à long terme située autour de 4.400 points. Un nouveau test de cette zone devrait donc intervenir et livrer son verdict sur la poursuite de la baisse ou l’émergence d’un nouveau rebond significatif des cours.
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