HiMedia réoriente ses activités vers le Native advertising et le Drive to store

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cyril Zimmermann, PDG d’HiMedia : « Nous avons une technologie qui est véritablement unique et qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui. »

HiMedia a déploré une perte nette des activités poursuivies de 29,3 millions d’euros au 30 juin, à comparer avec un bénéfice de 18,7 millions un an auparavant. La perte opérationnelle a été multipliée par trois, à 10,4 millions d’euros, tandis que l’EBITDA est passé de - 2,7 millions à - 29,4 millions. La marge brute a de son côté reculé de 7,5 millions d’euros à 5,9 millions et le chiffre d’affaires a accusé un retrait de 5 millions d’euros en données pro forma, à 32,6 millions. Cyril Zimmermann, fondateur et PDG de HiMedia, commente cette situation : «Nous avons profondément remodelé le profil du groupe depuis un an, avec la cession de nos activités de publishing et l’introduction en Bourse de nos activités de paiement réunies dans HiPay Group. Recentrée maintenant sur des activités purement publicitaires, HiMedia a entrepris une réorientation importante de celles-ci en décidant de ne plus investir dans les métiers historiques de régie commerciale et de développer en priorité ses deux plateformes technologiques spécialisées dans le Native advertising et le Drive to store, qui présentent un fort potentiel de croissance».

Il s’agit d’écrire «une nouvelle page de l’histoire de HiMedia en repartant sur des bases plus saines et des modèles économiques plus vertueux». Le groupe a mené une réflexion stratégique pendant l’été, choisissant de ne plus investir dans cette activité historique de régie commerciale. En conséquence et au vu des perspectives dégradées des activités de régie traditionnelle, HiMedia a abandonné ses objectifs d’un chiffre d’affaires annuel compris entre 85 et 90 millions d’euros et d’un EBITDA compris entre -1 et - 3 millions précédemment annoncés pour l’exercice 2015. Le second semestre devrait cependant afficher un net rétablissement de la marge brute pour un niveau de chiffre d’affaires comparable au premier semestre. Cyril Zimmermann, PDG d’HiMedia, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : A propos du recentrage annoncé dans votre dernier communiqué, vous évoquez la cession de vos activités de publishing. On a le sentiment qu’il s’agit d’un débat sans fin, car on nous explique que toute la valeur réside dans le contenu mais, dans le même temps, la monétisation de ce contenu reste toujours extrêmement difficile sur Internet. Est-ce aussi ce constat qui vous a amené à prendre cette décision ?

Cyril Zimmermann : Après une analyse poussée, nous sommes arrivés à la conclusion que nous avions trop de métiers et que chacun n’était pas valorisé à sa juste valeur. Donc, il valait mieux les séparer de façon à ce qu’ils soient mieux valorisés. Par conséquent, nous avons pris la décision, il y a plus de 18 mois, de nous désengager de toutes nos activités de publishing et cela d’ici à la fin de l’année 2014 : ce que nous avons fait pour plus de 90 millions d’euros. Ce désengagement était l’une des décisions stratégiques prises. Nous avons ensuite séparé les activités de paiement et les activités publicitaires en cotant HiPay sur le segment C d’Eurolist en juin dernier. Nous étions dans une logique de réalisation de la valeur des actifs de façon séparée alors que nous avions une activité protéiforme, avec une agrégation de différents métiers qui étaient en synergies il y a quelques années, mais qui ne l’étaient plus en raison d’évolutions divergentes. On se trouvait davantage dans une situation de holding de participation, plutôt qu’une société intégrée avec des métiers en synergies.

La raison de la vente des activités de publishing est donc particulière à HiMedia, avant d’être une raison d’analyse du marché… Pour parler du publishing en tant que tel, c’est une activité très intensive en efforts humains et en mobilisation de capitaux. C’est un pari qui a été gagnant pendant plusieurs années, parce que toutes ces activités étaient très rentables au global. Mais il est apparu que nous étions à la fin d’un cycle. Il aurait fallu repartir vers un nouveau cycle d’investissement que nous n’avions pas forcément envie de faire, parce que nous avions en parallèle un certain nombre d’enjeux sur la partie publicitaire et sur la partie paiements. La production de contenus, même avec du contenu de qualité, n’est pas la recette assurée d’une rentabilité immédiate et c’est quelque chose qui demande des ajustements et des investissements avec des phases plus compliquées que d’autres.

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